Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Concours

Recherche

Bonjour,

je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.
Samedi 21 novembre 2009

Le matin, je venais de finir un roman et le soir, me sentais trop fatiguée pour en entamer un autre. Limite j'aurais bien feuilleté un magazine, mais il m'aurait fallu faire 8 kms pour fureter dans une maison de presse. Pas plus le courage.
Je me suis dit qu'une petite nouvelle serait parfaite. J'ai trouvé dans ma PAL (on ne dira jamais assez l'intérêt certain d'une PAL variée!) ce recueil de Stéphanie Janicot.



Un homme habite dans un immeuble et pense être le seul à être isolé. A ses yeux, chacun de ses voisins mènent une vie sociale et sentimentale beaucoup plus enrichissante que la sienne.
Il ignore que derrière les portes se cachent d'autres solitudes.



Plutôt que de reposer ce livre après la première nouvelle, je l'ai dévoré jusqu'à la dernière page!
Contrairement à d'habitude, je n'ai pas eu l'impression "de rester sur ma faim" avec ces histoires de quelques pages. Il faut dire qu'elles se regroupent un peu, que les personnages s'entrecroisent dans chacune d'elles. L'ensemble ressemble finalement à un roman.

Aucune nouvelle ne m'a laissé indifférente. J'ai souris auprès de la vieille dame perdue sans sa télé, ai eu pitié de ces pauvres adolescents incompris, détesté cet homme infidèle. Et la palme des sensations fortes revient au récit de ce petit bonhomme de 2 ans qui se sent perdu à la crèche. Mon coeur fut, là,  très malmené...

Entre humour et tragédie ces nouvelles m'ont régalée. De quoi, peut-être, me réconcilier avec le genre...

Editions Albin Michel et Le Livre de poche
Crédit photo: Editions Le Livre de poche et Fnac.fr




Objectif PAL: 206-1=205

Par Anne - Publié dans : Lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mardi 17 novembre 2009
Rentrer bien fatiguée.
Croquer dans une poire.
Câliner le chat.
Se sentir mieux.
Ré-enfiler son anorak, mettre sa main dans celle de son amoureux et sortir marcher.
Trouver du bois pour la cheminée.
Rentrer au chaud, se faire un thé.
Et se redire, encore, que le bonheur peut être simple.



Crédit photo: Moi


Par Anne - Publié dans : Ma vie en Lozère
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires - Recommander
Samedi 14 novembre 2009

J'ai lu beaucoup de livres d'Anne Wiazemsky. Ses romans m'ont déçue, ses récits familiaux m'ont toujours emportée. L'intime lui donne un style qu'elle ne parvient pas à retranscrire dans ses romans. Bien entendu, ce "jugement", n'engage que moi et moi seule…

Ce titre-là, j'ai évidemment eu envie de le lire puisqu'il restitue l'histoire de ses parents.

 

 

1945: la guerre se termine. Claire, ambulancière et résistante active, ne peut se résoudre à reprendre une vie monotone.
Elle rejoint les équipes de la Croix Rouge Française, à Berlin, pour aider aux rapatriements des prisonniers français.
Infirmières, médecins, ambulanciers travaillent dans la proximité. Inévitablement des liens d'amitiés se créent. D'amour aussi.
Ainsi, Claire et Wia tombent amoureux...

 

"Mon enfant de Berlin" ne fera pas tache sur toute l'admiration que je porte à Anne Wiazemsky quand elle conte si bien les siens. 
 

J'ai aimé cette histoire d'amour simple (et, somme toute, banale s'il n'était ce contexte du Berlin dans l'après-guerre) parce qu'au-delà de sa simplicité s'imbrique toute une kirielle de réflexions sur la notion des "bons" et des "méchants", de l'arrogance honteuse des vainqueurs, des civils qui sont plus vaincus que les soldats eux-mêmes. Les après-guerres ne sont, quelquefois pas plus jolis que la guerre elle-même…
Principalement traité du côté de l'humain, l'aspect historique m'a (pour une fois!) passionnée.

Je sais que certains ont trouvé le style d'écriture trop plat. Je n'ai, pour ma part, pas ressenti un manque quelconque de qualité. Ou s'il existe, il fut largement compensé par l'alternance d'extraits de journal intime, de correspondance entre Claire et sa maman et de narration. Alternance qui, justement, crée le style propre de ce récit.

Pour finir, je dirais à ceux qui penseraient lire là une histoire d'amour-passion de ne pas s'illusionner. Ici la fiancée doute, les différences sociales assombrissent les sentiments, le nouveau marié maladroit ne sait pas toujours trouver les mots. Comme dans une vraie vie. Et c'est sans doute, pour moi, le pourquoi de tant d'émotions.

SylireAlice et Clarabel ont aussi beaucoup aimé aussi.  Lilly et  ICB ont été déçus.

Editions Gallimard
Crédit photo: Editions Gallimard et Fnac.fr

Par Anne - Publié dans : Lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009
C'est aujourd'hui que les lycéens vont désigner leur Prix Goncourt.
Parmi les livres en compétition: ce roman de Justine Lévy. Je dis "roman" puisque c'est ainsi qu'il est présenté. Le doute est-il pourtant possible quand on connait un peu la vie de son auteure?
Peu importe! Roman ou non, cette histoire m'a entrainée dans un sillage d'émotions. Le reste m'est égal.



Alice, la maman de Louise, est en phase terminale de son cancer.
Louise est enceinte.

Alice meurt.
Louise accouche d'une petite Angèle.

Cycle de la vie normal en soi.
Sauf que Louise est une femme fragilisée par une enfance chaotique où aimer une maman excentrique n'était pas simple.
Faire son deuil rongée par une culpabilité constante tout en essayant de se sentir mère...il y avait bien de quoi en faire un roman...



Autant j'ai reproché à Eric Fottorino d'avoir laissé entrevoir son père comme un être trop exceptionnel, autant ici cette critique ne peut être de mise! Ce serait plutôt l'inverse.

Alice n'a jamais su être responsable ni de sa vie, ni de sa fille. C'est ainsi. C'était elle. Elle ne savait pas être autrement.
Justine Levy le sait, le reconnait.
Pourtant quel que soit le tempérament d'une maman et sa façon d'aimer, sa fille culpabilisera toujours. A jamais cette question en elle: "Et si c'était plutôt moi qui suis une mauvaise fille?".
Cette tourmente, qui touche l'une de mes cordes très sensibles, est certainement la raison pour laquelle ce livre de Justine Levy m'a plu. 

Plu oui, mais quand même moins que les précédents "Premier rendez-vous" et "Rien de grave". Trop dans leur continuité son thème, son écrirure intimiste et pleine d'autodérision sont privés de l'effet de surprise.


Antigone a vu dans ce récit un hymne d'amour d'une fille à sa mère.


fnac_goncourt










Editions Stock
Crédit photo: Editions Stock et Fnac.fr
Par Anne - Publié dans : Lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Samedi 7 novembre 2009
Ce matin j'ai ouvert le volet: il pleuvait. J'ai trouvé ce paysage d'automne humide très beau.

Filou est rentré de son escapade nocturne. Je lui ai fait des câlins et il a fait des ronrons.

J'ai mangé mon pain de maïs. J'ai fait traîner ma tasse de thé pour finir mon livre.

Je me suis trouvée moche, alors j'ai rendu visite à Marie-Thérèse la coiffeuse du village.

J'ai préparé un plat de lentilles et une tarte aux poires.

Après déjeuner, délaissant blogs et bricolage, nous avons enfilé bottes, bonnet et gants.
Nous avons déposé une part de tarte chez notre "Mamie d'à côté" et sommes allés marcher dans la montagne.

Nous avons ramassé des coulemelles. Nous nous sommes dit que ce soir, avec oeufs brouillés et jambon sec, elles feraient un excellent diner.
J'ai fait un accro dans mon jean en passant des barbelés.

De retour dans le hameau, nous avons papoté avec nos voisins qui restaurent eux-même une vieille grange. Elle sera belle leur maison...

Nous sommes rentrés au chaud, chez nous. J'avais les joues rouges et le brushing de Marie-Thérèse saccagé.

Mon Chéri a mis le thé à chauffer. J'ai recousu mon pantalon.

Il fait noir déjà. Nous trainons chacun devant notre ordi.

Tout à l'heure, nous ferons le feu. Nous nous installerons devant pour diner. Je prendrais mon tricot. Nous papoterons, boirons notre tisane.
Et puis nous nous glisserons sous la couette. 

Demain il va peut-être neiger...


Crédit photo: moi.




Edit de dimanche soir, pour satisfaire la demande de ma copine Sylire:

Par Anne - Publié dans : Ma vie en Lozère
Ecrire un commentaire - Voir les 33 commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009
Nous avons été quelques blogueurs à être sollicités pour découvrir 2 livres parmi ceux sélectionnés pour le Goncourt des lycéens. J'avoue être un peu saturée par les offres commerciales, mais celle-ci était tellement attrayante que j'ai dérogué à ma décision de ne plus rien accepter pendant quelques mois. Je sais... je sais... inutile de me le répéter: je manque un poil de détermination dans mes promesses!

Dans la liste proposée, j'ai choisi ce récit d'Eric Fottorino en souvenir de "Caresse de rouge": un roman fort  qui m'avait bouleversée, il y a quelques années.



A plus de 70 ans, Michel Fottorino, père de l'auteur, a mis fin à ses jours. Son fils éprouve une douleur proportionnelle à tout l'amour qu'ils pouvaient avoir l'un pour l'autre. Une douleur proportionnelle à toute l'admiration qu'il avait pour son papa. 
Au coeur du deuil il ne veut surtout pas l'oubli:  "si je ne fais pas quelque chose, vite, sa vie entière va disparaître avec lui." . Alors il fait quelque chose: il publie 148 pages de souvenirs.


Entendre un homme parler de ses émotions et de ses douleurs, savoir qu'il peut pleurer: moi, ça m'émeut toujours. C'était donc couru d'avance: cet amoncellement d'amour filial ne pouvait que me plaire.
D'autant plus que l'écriture simple offre une lecture fluide, sans entrave pour le ressenti.

Pourtant au-delà de la beauté de cette complicité affecteuse reste la partialité du texte. Et là franchement, j'ai trouvé que le "trop bien" cassait l'émouvant. Occulter ses défauts m'a rendu ce père trop irréel. Je pense que mon émotion aurait été plus dense si le côté sombre de l'homme (parce qu'on sait tous que personne ne peut avoir toutes les qualités, n'est-ce pas?!) avait été un peu plus qu'effleuré en quelques lignes, dans les dernières phrases.
Mais sans doute est-ce le propre de tout deuil d'idéaliser le souvenir...

Un récit coup de coeur pour Sylire, très émouvant pour Jules et Cathulu.
Antigone s'est sentie gênée par un sentiment de voyeurime.

Merci aux organisateurs de cette proposition.

fnac_goncourt










Editions Gallimard
Crédit couverture: Editions Gallimard et Fnac.fr
Par Anne - Publié dans : Lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires - Recommander
Lundi 2 novembre 2009
Le Livre de poche m'a proposé ce roman de Margaret Murphy. Après plusieurs lectures un peu décevantes, je me suis dit qu'un thriller pourrait s'avérer bien agréable.


Un petit garçon d'environ 8 ans déambule dans les rues, en pyjama, perdu et muet, apparemment sous l'effet d'un traumatisme. En attendant de connaître son identité, les services sociaux le placent chez Jenny et Fraser, une "famille d'accueil". Le couple stérile traverse justement une petite déprime.
La police a fort à faire puisque, dans le même temps, une femme est trouvée assassinée et un enfant est enlevé...




Il est des 4ème de couverture qui, de part leur résumé enjolivé ou leur éloge intarissable, donnent l'impression d'être trompeuses. Là, c'est la catégorie dans laquelle est placé ce roman qui me parait plus racoleuse que justifiée. Un thriller ce n'est pas ça, que diable! Ici pas de problème pour stopper ma lecture, pas de soirée qui s'éternise, pas de pages lues vite fait en cachette, pas de frissons dans la nuque. Pas de doute: je suis très loin de mon cher King.

Finalement, le classement erroné de ce livre a joué en sa défaveur. Je pense que si j'avais pensé lire un "simple" roman, j'aurais pu l'apprécier tout autrement.
Parce que l'histoire de ce petit garçon choqué est prenante, la vie de ce couple en mal d'enfant attachante et l'intrigue assez bien construite.
Les personnages secondaires comme ce pédopsychiatre, cette fille déboussolée ou ce duo de malfrats tiennent une place entière et permettent d'étoffer, de façon très intéressante, les thèmes abordés: l'enfance saccagée, le syndrome de fausse mémoire, les thérapeutes charlatans.

A mon avis, ceux qui ont des PAL ou LAL honteuses peuvent passer leur chemin.

Editions Payot et Livre de poche
Crédit photo: Editions livre de poche et Fnac.fr
Par Anne - Publié dans : Lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Samedi 24 octobre 2009

Des gens qui ne parlent que le patois.
Et d'ailleurs les pancartes indicatrices donnent toujours le nom des hameaux en français, en occitan et en patois.
Tout près de chez nous, vit un couple de tous gentils vieux lozériens. J'ai travaillé, début septembre, auprès d'eux. Je parlais et Madame traduisait "mon français" à Monsieur. Je vous promets que de les entendre parler ensemble le patois était comme d'écouter un "p'tit air de fête".

Des LNA, des Express et quelques 4 L qui circulent.
Derrière leur volant, des Papys à l'indispensable casquette, sont "soubresautés" par les suspensions faitguées. C'est que ces pauvres voitures se doivent de parcourir aussi bien les chemins caillouteux que les routes goudronnées!
Un de mes patients a, dans sa grange, une 4L de 28 ans nickel. Figurez-vous qu'elle n'a que 26000 kms au compteur!
Pour l'anecdote, je rajoute que les plaques minéralogiques en 48 n'ont encore que 2 lettres. Et encore, nous n'en sommes qu'au GT!

Des poêles à bois défiants toutes les normes de sécurité.
Leur dessus est une énorme plaque en fonte brûlante où n'importe quel étourdi peut poser la main. Faut croire qu'ici les pieds sont trop sur terre pour avoir la tête dans les nuages.
Et puis d'abord, où serait posée cette marmite de soupe qui chauffe dessus toute la journée? Cette gamelle dont l'odeur emplie la pièce d'une envie irrésistible de s'attabler devant une assiette chaude...

Des Mamies qui portent la blouse toute la journée.
Leur sarrau est parsemé de nombreuses épingles à nourrice. Certaines n'ont pas de fonction bien définie. Elles sont là "au cas où...". Apparemment faut avoir vécu ici pour connaître la suite de cette phrase.
J'ai malgré tout appris qu'il en fallait une pour attacher son mouchoir, une pour ne pas perdre sa médaille pieuse et une qui doit toujours rester libre pour attacher sa culotte à sa jupe si l'élastique lache! Je n'ai pas osé demander si cette astuce était valable pour mes strings...

 

Mais attention, n'allez pas croire qu'ici le modernisme est inconnu!
Je vois des écrans plats posés sur les meubles en formica, des machines à laver près des fils à linge tendus devant la cheminée, des congélateurs d'aplomb sur la terre battue des granges.
Et ce sont de beaux tracteurs rutillants qui forment, sur les routes, des bouchons d'au moins 3 voitures.
Faut pas éxagérer, il y a longtemps qu'ici on ne travaille plus avec ce matériel-là!



Bon week-end à tous!

Crédit photo: Frédéric.
Cette faucheuse est une des quelques vieilles machines que nous avons dans notre grange.

Par Anne - Publié dans : Ma vie en Lozère
Ecrire un commentaire - Voir les 26 commentaires - Recommander
Lundi 19 octobre 2009
J'ai accepté la proposition des Editions Sulliver de m'envoyer ce roman de Rozenn Guilche, après avoir lu cet  extrait. Je trouvais que le style d'écriture était proche de celui de Louise Desbrusses, découvert l'année passée et qui m'avait tant et tant touchée. 




Elle accouche, ne veut pas de l'enfant. Le dépose dehors dans la neige. Le bébé aurait du mourir. Mais la fillette est sauvée par les services sociaux et rendue à sa mère.
Chaque jour, elle s'entendra reprocher d'être en vie.




Que dire? Que j'ai aimé ou pas? Je ne sais même pas répondre à cette question.

L'histoire est très embrouillée. A chaque paragraphe il faut se demander qui de la mère ou de la fille est la narratrice. Pas trop clair. J'ai pataugé et malgré tout persisté, entrainée par l'écriture percutante, par les mots qui claquent.

Au fil des pages, j'ai commencé à saisir le récit. A le comprendre jusqu'à la nausée. Jamais lu un texte aussi dur! Quelques scènes sont franchement horribles de sordide, de sadisme.
Mais, une espèce d'envoutement pour cette atmosphère noire s'est créé et je suis allée jusqu'à la fin.

J'ai vécu là une expérience de lecture inattendue et franchement atypique.
Si vous voulez la tenter, je vous prête volontiers ce roman. Parce qu'on peut lire beaucoup et être encore surpris.


Editions Sulliver
Crédit couverture: Editions Sulliver
Par Anne - Publié dans : Lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 23 commentaires - Recommander
Dimanche 11 octobre 2009
Je vous parle sans cesse de la campagne lozérienne. De sa beauté, de l'effet qu'elle peut avoir sur moi.
Il serait peut-être temps maintenant que je fasse honneur à tous ceux qui contribuent à mon bonheur d'être ici.

De par mon travail d'aide-soignante à domicile, j'ai la chance d'avoir été, tout de suite, très proche de mes autochtones. J'ai découvert, au coeur de ce département essentiellement rural, des personnes inconscientes de leur sagesse, de leur quiétude, de leur éthique. Ecrire que je reçois chaque jour des leçons de vie ferait un tant soit peu grandiloquent, alors disons que très souvent "ils m'en bouchent un coin". Un coin de mon âme.

J'ai rencontré Alphonse qui m'a appris qu'un "essentiel indispensable" pouvait être minimaliste.
Il vit dans un hameau, inaccessible l'hiver, avec 3 autres habitants. Il est né là, il vit là, il mourra là. C'est la maison de son grand-père tisserand qui, dans la vieille écurie, tissait la laine de ses moutons. Peut-être bien que les moutons d'Alphonse sont leurs descendants...
La maison est chauffée avec un vieux bidon astucieusement transformé en poêle à bois. Une casserole d'eau chauffe dessus en permanence; le robinet à la pastille rouge n'existe pas. La toilette se fait au broc, devant l'évier.
Ici le temps s'est arrêté. Et quand je regarde les yeux heureux d'Alphonse, je comprends que peu lui importe. 

J'ai regardé comme le travail aide à garder des forces, une motivation de vivre quand la vieillesse et ses douleurs s'installe.
A plus de 80 ans, Marie brosse encore son plancher au savon noir, Bleuette entretien assidûment son potager et Edmond élève toujours sa kyrielle de poules et dindons.

J'ai croisé le chemin du courage.
Louise gère seule ferme et enfants depuis que son mari est parti avant d'avoir pu vivre ses 40 ans. Elle sait pourtant encore sourire, donner du temps aux autres.
Jeanne fut vachère dès 6 ans, a perdu une petite fille de 3 ans, a gardé près d'elle sa maman grabataire jusqu'à son dernier souffle, est en deuil de son mari depuis peu. Elle sait pourtant encore parler du bonheur de lire.

Je pourrais aussi parler de Lucienne, de Louise, de Léa ou d'Emile, mais mon billet finirait par ressembler à un roman de terroir!

Je vais donc le conclure en rendant un hommage attendri à la gentillesse des lozériens, dissimulée derrière une nonchalance bourrue. C'est à qui s'inquiète de mon adaptation à la vie d'ici, à qui "demande après" mes enfants.
De chez eux, ils n'aiment pas que je reparte "les mains vides". Alors je rentre chez moi avec un cageot de pommes de terre ou de poires, un sac de ceps ou une boite d'oeufs, ou encore une part de fougasse.
Et même des chaussons et chaussettes tricotés maison!
Parce qu'ici parait que l'hiver est rude. Pas grave: auprès d'eux je prendrais, en temps voulu, des leçons de vie pratique.












Bon dimanche!

Comme dans les vrais romans, j'ai changé les prénoms de "mes gens".
Crédit photo: moi.
Par Anne - Publié dans : Ma vie en Lozère
Ecrire un commentaire - Voir les 39 commentaires - Recommander

Présentation

Cette semaine

Remplacement au centre de soins prolongé de 2 semaines
Après toute l'énergie dépensée depuis une année pour arriver là où nous sommes, j'ai comme une petite baisse de forme. Cette semaine, il faut que je revienne sur mon idée qu' "il y a toujours mieux à faire que de dormir!".

Ces mots-là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

"Depuis la veille j'avais gardé l'oeil sec, je pleurais comme pleurent les grottes: à l'intérieur"

Eric Fottorino  "L'homme qui m'aimait tout bas"

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus