Insatiable
lectrice
"Toujours un livre ouvert à lire, toujours un livre refermé à partager"
Le matin, je venais de finir un roman et le soir, me sentais trop fatiguée pour en entamer un autre. Limite j'aurais bien feuilleté un magazine, mais il m'aurait fallu faire 8 kms pour
fureter dans une maison de presse. Pas plus le courage.
Je me suis dit qu'une petite nouvelle serait parfaite. J'ai trouvé dans ma PAL (on ne dira jamais assez l'intérêt certain d'une PAL variée!) ce recueil de Stéphanie
Janicot.
Un homme habite dans un immeuble et pense être le seul à être isolé. A ses yeux, chacun de ses voisins mènent une vie sociale et sentimentale beaucoup plus enrichissante que la sienne.
Il ignore que derrière les portes se cachent d'autres solitudes.
Plutôt que de reposer ce livre après la première nouvelle, je l'ai dévoré jusqu'à la dernière page!
Contrairement à d'habitude, je n'ai pas eu l'impression "de rester sur ma faim" avec ces histoires de quelques pages. Il faut dire qu'elles se regroupent un peu, que les personnages
s'entrecroisent dans chacune d'elles. L'ensemble ressemble finalement à un roman.
Aucune nouvelle ne m'a laissé indifférente. J'ai souris auprès de la vieille dame perdue sans sa télé, ai eu pitié de ces pauvres adolescents incompris, détesté cet homme
infidèle. Et la palme des sensations fortes revient au récit de ce petit bonhomme de 2 ans qui se sent perdu à la crèche. Mon coeur fut, là, très malmené...
Entre humour et tragédie ces nouvelles m'ont régalée. De quoi, peut-être, me réconcilier avec le genre...
Editions Albin Michel et Le Livre de poche
Crédit photo: Editions Le Livre de poche et Fnac.fr

Objectif PAL: 206-1=205
J'ai lu beaucoup de livres d'Anne Wiazemsky. Ses romans m'ont déçue, ses récits familiaux m'ont toujours emportée. L'intime lui donne un style qu'elle ne parvient pas à retranscrire dans ses romans. Bien entendu, ce "jugement", n'engage que moi et moi seule…
Ce titre-là, j'ai évidemment eu envie de le lire puisqu'il restitue l'histoire de ses parents.
1945: la guerre se termine. Claire, ambulancière et résistante active, ne peut se résoudre à reprendre une vie monotone.
Elle rejoint les équipes de la Croix Rouge Française, à Berlin, pour aider aux rapatriements des prisonniers français.
Infirmières, médecins, ambulanciers travaillent dans la proximité. Inévitablement des liens d'amitiés se créent. D'amour aussi.
Ainsi, Claire et Wia tombent amoureux...
"Mon enfant de Berlin" ne fera pas tache sur toute l'admiration que je porte à Anne Wiazemsky quand elle conte si bien les siens.
J'ai aimé cette histoire d'amour simple (et, somme toute, banale s'il n'était ce contexte du Berlin dans l'après-guerre) parce qu'au-delà de sa simplicité s'imbrique toute une kirielle de
réflexions sur la notion des "bons" et des "méchants", de l'arrogance honteuse des vainqueurs, des civils qui sont plus vaincus que les soldats eux-mêmes. Les après-guerres ne sont, quelquefois
pas plus jolis que la guerre elle-même…
Principalement traité du côté de l'humain, l'aspect historique m'a (pour une fois!) passionnée.
Je sais que certains ont trouvé le style d'écriture trop plat. Je n'ai, pour ma part, pas ressenti un manque quelconque de qualité. Ou s'il existe, il fut largement compensé par l'alternance
d'extraits de journal intime, de correspondance entre Claire et sa maman et de narration. Alternance qui, justement, crée le style propre de ce récit.
Pour finir, je dirais à ceux qui penseraient lire là une histoire d'amour-passion de ne pas s'illusionner. Ici la fiancée doute, les différences sociales assombrissent les sentiments, le nouveau
marié maladroit ne sait pas toujours trouver les mots. Comme dans une vraie vie. Et c'est sans doute, pour moi, le pourquoi de tant d'émotions.
Sylire, Alice et
Clarabel ont aussi beaucoup aimé aussi. Lilly et ICB ont été
déçus.
Editions Gallimard
Crédit photo: Editions Gallimard et Fnac.fr

Crédit photo: moi.

Un petit garçon d'environ 8
ans déambule dans les rues, en pyjama, perdu et muet, apparemment sous l'effet d'un traumatisme. En attendant de connaître son identité, les services sociaux le placent chez Jenny et Fraser,
une "famille d'accueil". Le couple stérile traverse justement une petite déprime.
Des gens qui ne parlent que le patois.
Et d'ailleurs les pancartes indicatrices donnent toujours le nom des hameaux en français, en occitan et en patois.
Tout près de chez nous, vit un couple de tous gentils vieux lozériens. J'ai travaillé, début septembre, auprès d'eux. Je parlais et Madame traduisait "mon français" à Monsieur. Je vous promets
que de les entendre parler ensemble le patois était comme d'écouter un "p'tit air de fête".
Des LNA, des Express et quelques 4 L qui circulent.
Derrière leur volant, des Papys à l'indispensable casquette, sont "soubresautés" par les suspensions faitguées. C'est que ces pauvres voitures se doivent de parcourir aussi bien les chemins
caillouteux que les routes goudronnées!
Un de mes patients a, dans sa grange, une 4L de 28 ans nickel. Figurez-vous qu'elle n'a que 26000 kms au compteur!
Pour l'anecdote, je rajoute que les plaques minéralogiques en 48 n'ont encore que 2 lettres. Et encore, nous n'en sommes qu'au GT!
Des poêles à bois défiants toutes les normes de sécurité.
Leur dessus est une énorme plaque en fonte brûlante où n'importe quel étourdi peut poser la main. Faut croire qu'ici les pieds sont trop sur terre pour avoir la tête dans les nuages.
Et puis d'abord, où serait posée cette marmite de soupe qui chauffe dessus toute la journée? Cette gamelle dont l'odeur emplie la pièce d'une envie irrésistible de s'attabler devant une
assiette chaude...
Des Mamies qui portent la blouse toute la journée.
Leur sarrau est parsemé de nombreuses épingles à nourrice. Certaines n'ont pas de fonction bien définie. Elles sont là "au cas où...". Apparemment faut avoir vécu ici pour
connaître la suite de cette phrase.
J'ai malgré tout appris qu'il en fallait une pour attacher son mouchoir, une pour ne pas perdre sa médaille pieuse et une qui doit toujours rester libre pour attacher sa culotte à sa jupe si
l'élastique lache! Je n'ai pas osé demander si cette astuce était valable pour mes strings...
Mais attention, n'allez pas croire qu'ici le modernisme est inconnu!
Je vois des écrans plats posés sur les meubles en formica, des machines à laver près des fils à linge tendus devant la cheminée, des congélateurs d'aplomb sur la terre battue des granges.
Et ce sont de beaux tracteurs rutillants qui forment, sur les routes, des bouchons d'au moins 3 voitures.
Faut pas éxagérer, il y a longtemps qu'ici on ne travaille plus avec ce matériel-là!
Bon week-end à tous!
Crédit photo: Frédéric.
Cette faucheuse est une des quelques vieilles machines que nous avons dans notre grange.
Remplacement au centre de soins prolongé de 2 semaines ![]()
Après toute l'énergie dépensée depuis une année pour arriver là où nous sommes, j'ai comme une petite baisse de forme. Cette semaine, il faut que je revienne sur mon idée qu' "il y a toujours
mieux à faire que de dormir!".
je les ai savourés un peu plus que tous les autres.
"Depuis la veille j'avais gardé l'oeil sec, je pleurais comme pleurent les grottes: à l'intérieur"
Eric Fottorino "L'homme qui m'aimait tout bas"