Insatiable
lectrice
"Toujours un livre ouvert à lire, toujours un livre refermé à partager"
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Comment vais-je donc pouvoir vous expliquer pourquoi j'ai aimé ce bouquin?
Mes toutes premières lectures dans mon nouveau chez moi n'ont été que déceptions. Aucune n'a su me captiver ou m'émouvoir.
Je crois que mon environnement m'envoutait trop pour laisser un peu de place à l'imaginaire!
Un soir de décembre
Il me semblait que j'avais lu 1 ou 2 billets positifs sur ce titre de Delphine de Vigan, mais surtout j'avais beaucoup aimé "Non et moi".
Il ne m'a tellement pas accroché qu'aujourd'hui je suis bien en mal d'en écrire quoi que soit! Il ne m'en reste presque aucun souvenir.
C'est le récit d'une dépression, de regrets d'un amour perdu...rien de bien approfondi.
Je retranscris juste une phrase qui donne le ton et qui est bien d'actualité aujourd'hui!
"On appelle ça la rentrée. Rentrer d'où, je te le demande, de quoi revient-on, encore vivants, de quel été, de quel ennui?"
Edition Points
Les heures chaudes
J'avais hâte de lire mon exemplaire dédicacé ce jour-là par Annie Lemoine. D'autant plus d'Antigone a aimé 2 autres titres de cette auteure que nous avions trouvée très sympathique.
L'atmosphère des "heures chaudes" est très lourde: il fait chaud, les corps appellent la sensualité. Pourtant le couple de ce récit se déchire, lutte contre l'extinction de
leur amour.
La fin sera extrême. Trop à mon goût, si bien que mon impression générale de lecture en fut toute noircie.
Edition J'ai lu
Carrefour des nostalgies
Je m'attendais à retrouver dans ce nouveau
roman d'Antoine Laurain tout l'humour qui m'avait fait craquer dans "Fume et tue". Or il dégage plutôt un ton doux-amer (d'après la 4ème) qui n'a pas su, réellement, m'accrocher. Le héros
qui dans une période "out" de sa vie recherche ses anciens camarades de lycée, m'a laissé indifférente. Quelques intrigues politiques essaient de donner du piment au récit; je n'y ai vu qu'un peu
de poivre.
Ceci dit, j'ai terminé ce livre sans forcer : signe que l'histoire m'a retenue quand même.
Les avis enthousiastes de Caroline et Cuné. Amanda a aimé, Papillon un peu moins.
Merci à Antoine Laurain pour sa gentillesse. J'ai de la peine d'être sévère...
Edition Le Passage
Après ces 3 titres, j'ai ouvert un Philippe Claudel que je n'avais pas encore lu. Et lui a réussi l'exploit d'happer mon esprit voyageur.
Les âmes grises
J'ai retrouvé avec "Les âmes grises" le ton et l'atmosphère du "rapport
Brodeck" qui m'avaient rendue si admirative. Tout pareil, le narrateur relate un évènement passé qui devient l'attribut de la noirceur humaine. L'histoire dit, encore, combien la guerre peut
transformer les âmes, révéler la cruauté qui se niche au fond de nos ventres.
Les mots sont poignants. A lire, en étant avertis quand même, qu'il n'a aucune trace d'espoir dans cette histoire. L'amour ne peut-être que douleur, la solitude immuable, le deuil éternel.
J'ai regretté, un peu, de l'avoir lu alors que mon esprit était plein de joie. Le décalage était trop grand pour que je ressente des émotions très fortes.
Edition Livre de poche
Voilà mes billets en retard réduits à ces quelques lignes.
Je vais, maintenant, essayer de reprendre mon rythme habituel.
Crédit photos: Fnac.fr
Le défi (de taille!) d'Antigone: se lancer à l'attaque de sa PAL!
Au début, j'ai savouré chaque seconde de mon bonheur, sans avoir envie de le partager.
Egoïste?
Plutôt un joli cadeau que j'offrais à cette femme qui a fini l'éducation de ses enfants, qui pendant des mois et jusqu'à en avoir mal quelquefois, a rêvé d'une autre vie. De celle où le
silence et les grands espaces qui lui sont nécessaires, voir vitaux, peuvent se cueillir en quelques pas.
(Il faut bien aussi avouer une grosse flemme et des heures de farniente au soleil!)
Allez, maintenant, j'ai envie de vous retrouver!
Mon nouveau salon de lecture
Je n'ai pas les mots pour décrire ce que j'ai pu ressentir les tous premiers jours ici. Une intense euphorie profonde, pure. Tellement de fois, j'avais perdu espoir. Etre parvenus au bout de
notre projet m'a semblé tenir du merveilleux.
Notre vie quotidienne à la montagne s'organise doucement.
En vrac... Nous luttons, avec difficulté, contre la nonchalance qui s'installerait bien. Nous apprenons à vivre avec les orages et les coupures de courant. Nous optimisons nos déplacements.
Nous avons déjà compris que, quelle que soit la chaleur de l'après-midi, dès 20h30 il faut la "p'tite laine". Nous accueillons les poules de nos voisins. Nous avons repéré les bois qui
brûlent lentement pour un feu de cheminée qui dure. Nous déjeunons dehors. Nous regardons les étoiles le soir. Je papote avec ma mamie voisine. J'étends le linge dans le jardin,
le ramasse tout rêche mais tout parfumé.
(Je passe volontairement sur les grosses miches de pain à griller le matin, la charcuterie de pays, les prunes du jardin, le Pélardon...histoire de vous faire croire, qu'ici, je suis devenue
sage!)
Notre nouvelle vie de couple s'installe paisiblement.
Nos bureaux sont face à face. Nous nous recouchons certains matins de langueur. Nous prenons soin l'un de l'autre. Nous retrouvons nos gestes de jeunes amoureux. Le silence de nos
diners au coin du feu est doux.
... mais nous ne sommes pas jeunes mariés et ce sont des heures que nous passons au téléphone avec nos enfants! Pas encore trop de blues...
Pour mon travail, j'ai laissé de côté le raisonnable.
On m'a offert un poste dans un hôpital public. Mais, sous la sécurité de l'emploi et l'assurance d'un temps plein, se cachait un planning de fous. Je ne veux plus subir mon travail.
Plus jamais, je me l'étais promis.
Alors, j'ai pris l'option "Je fais ce que j'ai envie de faire et tant pis, on verra bien!". J'ai choisi de travailler pour des associations d'aide à domicile. Pas de poste ni
de salaire fixes.
Je vais rencontrer les patients chez eux, sans pression. Je vais pouvoir, si ça me chante, m'attarder auprès de ceux qui en ont besoin. L'esprit des grands complexes hospitaliers n'est pas le
mien. C'est aussi simple que cela.
J'ai commencé une semaine, jour pour jour, après notre arrivée. Il ne fallait pas que je prenne goût à ne rien faire!
Frédéric, lui, ne s'est vraiment arrêté que les jours de déménagement.
Voilà tout est dit... ou plutôt si peu est dit... le bonheur est difficile à retranscrire.
Je vais, tranquillement, reprendre ma vie avec vous. Patience, j'ai près de 800 billets dans mon G.R!
Ma nouvelle adresse mail est notée à droite.
ETUDE SOCIOLOGIQUE DU ROMAN "Le challenge du Dr Dan
Davis"
1ere constatation: Il est très difficile d'assumer le fait de lire ce genre de roman. J'ai choisi mon Harlequin en catimini, me suis lancée dans des explications mensongères
(c'est pour ma vieille voisine!) devant la caissière qui pourtant ne me demandait rien. Puis je l'ai lu, recouvert d'un papier bien opaque (suis pas allée jusqu'à la photocopie d'une couv' de
Proust!).
Mon avis: Je me demande si je ne souffre pas d'un complexe de supériorité refoulé du genre "Moi, Mâdame, je lis de la vraiiiie littératuuuuure".
2ème constatation: Les expressions populaires ne sont pas réservées aux prolétaires: les responsables de collection les emploient sans aucun complexe.
"Chère lectrice,
....Le bonheur est à portée de main, mais hélas, ce bonheur n'est pas toujours si simple à attraper!.......avec des si, on mettrait Paris en bouteille n'est-ce pas? La vie serait alors un long
fleuve tranquille, et manquerait d'un peu de piment qui la rend si passionnante!......"
Mon avis: Je me demande si je ne souffre pas d'un perfectionnisme aussi inutile que prétentieux du genre "Moi, petite blogueuse me creuse les méninges pour écrire des phrases que personne
d'autre n'avait trouvé avant".
3ème constatation: Quelques jours après son embauche, une jeune célibataire peut parfaitement parler de son angoisse à son nouveau patron qui s'inquiète (sympa!) de lui
trouver " un air las (au bout de 3 jours de taf ?!!) et préoccupé".
Aucune remarque désobligeante de
sa part ne suivra cette confidence: "J'ai déjà trente-quatre ans, et j'ai de plus en plus conscience que le temps passe, et que mon horloge
biologique joue contre moi. Par moments, j'ai un peu le cafard et je me sens en mal d'enfants.".
Bien au contraire! Pas moins de 3 semaines après, il se peut qu'il vous invite au
resto et théâtre.
Mon avis: Je me demande quels coches j'ai laissé passer tout au long de ma vie professionnelle en laissant mes soucis à la porte, à ne pas confier mes pauvres états d'âme à mon grand chef!
Je me suis toujours fait un point d'honneur d'être souriante au boulot: résultat je n'ai jamais été invitée à quoi que soit. Trop conne, tiens!
4ème constatation: L'homme (même le beau carcasse, à la mâchoire carrée) est toujours jaloux quand un autre homme (même un vieux insignifiant) à l'occasion de
sauver sa belle en son absence.
Il se fâche fort, mais l'amoureuse comprend tout "Votre orgueil et votre fierté masculine ont été offensés, c'est bien cela?".
L'homme accuse le
coup: "Vous avez raison. Je veux jouer les héros, mais je n'en suis pas un. Le courage physique n'est rien. Le vrai courage,
c'est d'oser se mettre à nu, de baisser la garde pour vivre pleinement, et accepter d'aimer...".
Mon avis: Je me demande si je n'ai pas toujours eu tout faux à fantasmer sur des Stalone ou Schwarzy, puisque le courage physique est dérisoire. Tant de nuits gaspillées: quelle
poisse!
5ème constatation: Un médecin et une infirmière peuvent très bien tomber amoureux l'un de l'autre.
Travailler ensemble dans des situations extrêmes "...elle était en train de désinfecter le vilain ulcère variqueux d'une vieille dame, en ôtant le pus au moyen
d'une seringue..." et rester trèèèèèès romantiques "J'ai vu ton visage se lever vers moi, j'ai cru défaillir de joie!".
Ils peuvent
même se marier devant une famille émue et soulagée de les voir "si heureuuuuuux après toutes leurs soufraaaaaaances sentimentales passées".
Et pendant leur nuit de noce, le beau docteur, tout fou-fou, peut très bien jouer avec sa belle et lui murmurer que "le grand enfant (qu'il
est encore, soi-disant) pourrait te prouver qu'en certaines occasions, il sait être un homme."
Mon avis: Je me demande à quel moment je suis devenue vieille et désabusée.
Avec horreur je viens, aujourd'hui seulement, d'en prendre conscience! Ce roman m'aurait fait rêver "autrefois" (quand j'étais jeune et pleine d'illusions!), aujourd'hui je n'y ai pas cru
une seconde!
Encore pire: je l'ai trouvé limite ridicule! Au secours, je suis une rombière aigrie!!!!
CONCLUSION DE L'ETUDE
Les romans roses ne sont pas du tout roses. Ils savent vous balancer en pleine face des vérités que vous
ne vouliez surtout pas voir.
Ils pourraient très bien être la cause de la morosité ambiante.
Soyons tout de même prudents devant cette grave éventualité. Une étude plus approfondie est nécessaire pour la confirmer.
D'autres sociologues se mettent à la tâche. Vous trouverez leurs noms chez Chiffonnette et Fashion.
Cette fois, ce qui m'a motivée pour lire ce roman de Richard Andrieux n'a aucun rapport avec la vie à la campagne!
L'auteur rencontré en avril m'avait paru si sympathique et intéressant que j'avais eu très envie de le lire. J'avais commencé par son précédent titre "José" et je viens de finir son
second.
Gilbert, tout juste retraité, est seul. Jeanne vient de mettre fin à
leur histoire d'amour, qui d'ailleurs n'en était pas vraiment une.
Un matin, dans un café, il voit un homme qui semble tout aussi esseulé.
Il le suit, rassemble des indices pour comprendre ce qu'est la vie de cet inconnu.
Gilbert en vient à le considérer comme son ami, son ego et lui écrit ses états d'âme.
Mais il n'ose pas envoyer les lettres...
"Crever de solitude": voilà une expression bien peu élégante et pourtant ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit pour parler de Gilbert.
La solitude jusqu'à la douleur, la solitude jusqu'au désespoir, la solitude jusqu'à la haine. Forcément quand on a personne à aimer, on s'assombrit, on s'aigrit, on s'exaspère de tout.
Je pense que ce roman épistolaire est un long cri de souffrance de qui s'aperçoit à la fin de sa vie qu'il l'a indéniablement ratée. Qu'il n'a jamais su l'aimer.
Je n'ai pas pu détester ce héros déplorable qui glisse vers l'abject. Il m'a inspiré tant de pitié...
Je ne dirai pas que cette histoire n'est que noirceur. En Gilbert j'ai trouvé, par moment, des côtés "Tatie Danièle" qui m'ont fait sourire. Jaune, crispé le sourire quand même...
J'avais déjà beaucoup aimé "José" mais "L'homme sans lumière" m'a touchée beaucoup plus. Je regrette d'avoir rencontré Richard Andrieux avant de l'avoir lu: j'aurai tant à lui dire
aujourd'hui.
Sylire a beaucoup aimé aussi. Antigone pas.
Editions Héloïse D'Ormesson
Crédit couverture: Editions Héloïse D'Ormesson et fnac.fr (ATTENTION DE PAS LIRE LEUR RESUME: LA FIN Y EST DEVOILEE: vraiment n'importe quoi!!!!)
Charcuterie de Lozère.En janvier nous avons fait la connaissance de notre belle-fille chinoise. Ce fut un véritable coup de coeur entre elle et nous! J'ai vu mon fils amoureux et j'ai aimé ça. Même si cet amour-là met trop de kilomètres entre lui et moi.
Les petits chiots de Toupie ont grandi et sont partis chez un autre "chez eux". Séparation difficile. L'"expérience" ne sera pas renouvelée.
Je suis inscrite à ma toute petite bibliothèque du village. Pas beaucoup de titres en rayon, mais quelques dizaines de thrillers. Je renoue avec le genre et retrouve mes frissons d'adolescente.
je les ai savourés un peu plus que tous les autres.
Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."
Irvin D. Yalom
"Mensonges sur le divan"
Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.
Manifeste d'Antigone