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je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.

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4 janvier 2006 3 04 /01 /janvier /2006 10:52
 « JOURS DE COLERE » de SYLVIE GERMAIN      ( Folio)
 
 
Extrait p 269
 
« Sa peine était si grande qu’il ne trouvait ni larmes ni plaintes à sa mesure. Sa peine s’ouvrait en lui comme un espace illimité, un désert intérieur au cœur duquel il s’était d’emblée perdu. Un désert si vaste et nu qu’il dépassait les limites de son corps, de sa raison, de ses pensées. Et il avait, Ephraïm le veuf, en marchant avec ses fils, du même pas, sous le poids du lit de hêtre où reposait son épouse, le calme et très vide regard de ceux qui errent sans recours dans l’immensité d’un désert. Le regard de ceux qui savent qu’ils n’en reviendront pas, qu’ils sont perdus à jamais, dans la solitude, la faim, et qui cependant continuent à marcher la tête haute. Le transparent regard des idiots. Il avait, Ephraïm le veuf, le regard absent des idiots ; non pas soumis, mais résigné. »
 
 
 
 
Extrait p 274
 
« Elle savait qu’un rien suffisait pour blesser, pour détruire, faire souffrir ou damner. L’épine d’une ronce, la morsure d’une vipère, une colchique ou une gousse de cytise, un bris de verre pouvait suffire à faire pourrir et se tarir le sang d’un homme, à le priver de la vie. Un mot cruel, un regard méchant, un sourire de mépris, une trahison, un mensonge, pouvaient suffire à rancir le cœur d’un homme, à noircir ses pensées, à lui saccager l’âme. Elle savait cela comme un animal sait d’instinct, quel est son lieu, (son gîte, son nid, sa tanière, quel est son mouvement,) courir, nager, grimper, voler, quelle est sa nourriture, et quel est son ennemi. Elle avait l’instinct de la vulnérabilité humaine, corps et âme. Et à la mesure de cet instinct elle était douée du sens de la tendresse. Elle avait nourri ses fils de cette tendresse, elle avait veillé à la droiture, à la clarté de leurs cœurs. »
 

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Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

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Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone