Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Insatiable lectrice
  • : Autour de ma vie gravitent des mots, des images, des émotions... Entrez dans ma constellation!
  • Contact

je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.

Recherche

Archives

Cette semaine

8 janvier 2006 7 08 /01 /janvier /2006 08:57
 
Catherine Cusset
«Qu'hérite-t-on de ses parents ?»
 
07/02/2001


 
Interview


Pour ce petit guide de survie en famille, Catherine Cusset passe au crible toutes les lâchetés, les douces folies, mais aussi tous les petits moments de gloire de ces héros du quotidien. Et, pour trouver la clé de l’énigme, cherchez la mère !

Fnac.net : Votre livre est dédié à vos parents et à votre fille. Sa naissance vous a-t-elle donné envie de tisser des liens dans la chaîne des générations en brossant ce tableau familial ?
Catherine Cusset : Ma dédicace tisse en effet ce lien. Mais j’ai écrit il y a plus de quatre ans la première version de mon livre, bien avant d’avoir un enfant. Le livre est né d’une interrogation : qu’hérite-t-on de ses parents ?

Même si vous consacrez le premier chapitre au père, La Haine de la famille n’est-elle pas avant tout une histoire de femmes ?
Bien sûr. Le personnage principal, c’est la mère. C’est elle qui a « la haine de la famille ». Mère paradoxale qui a fait quatre enfants et qui déteste la famille, qui a une vie archi-active et qui la juge nulle et ratée... Le livre est construit autour de cette mère et de ses rapports à son mari, à ses enfants et surtout à ses filles, à son travail et à sa propre mère.

Que se transmettent ces trois générations de femmes ?
Surtout une énergie, de la passion. Et pour la mère, Elvire, et sa fille Anne : un grain de folie !

Pensez-vous que les relations entre les filles et les mères soient inexorablement passionnelles?
Dans mon livre elles le sont, oui, mais peut-être pas inexorablement. Je pense que le moteur, c’est la culpabilité. Tant qu’on ne sort pas de la culpabilité, on reste dans un rapport à la fois fusionnel et passionnel à sa mère. C’est le cas, par exemple, d’Elvire et de sa mère. Tandis que les filles, dans La Haine de la famille, arrivent, chacune à leur manière, à briser ce cercle infernal.

La description des dernières années de la grand-mère et du terrible manque affectif dont elle a souffert alors est-elle aussi pour la narratrice une façon de la retenir encore un peu, de se déculpabiliser ?
Oui, ce dernier chapitre constitue une sorte de tombeau à la grand-mère. Par compassion plus que culpabilité. J’ai voulu terminer sur ces scènes terribles de l’hôpital, sur le désarroi de la vieillesse, de l’impotence et de l’incontinence. Parce que c’est pour moi l’image du désespoir affectif humain.

Vos personnages semblent avoir pour point commun de ne guère s’aimer eux-mêmes.
Je n’ai jamais trouvé très intéressants les gens qui s’aimaient beaucoup eux-mêmes.


Vous décrivez avec beaucoup de réalisme le désamour des hommes pour le corps des femmes. La disparition du désir de Patrick pour Anne suffit-elle à expliquer l'histoire un peu mélodramatique de la fille aînée de la famille ?
La disparition du désir de Patrick explique qu'Anne l'ait trompé pendant leur mariage. D'un autre côté, on comprend que l'infidélité d'Anne rende Patrick fou de jalousie. Il n'y a pas une seule explication. J'ai multiplié les points de vue et chacun propose son interprétation. Si quelque chose « explique » l'histoire d'Anne, c'est plutôt son rapport à sa mère, fait de confrontation et de rejet mêlés. Et, dans son histoire propre, la mort de son bébé quand elle avait vingt-deux ans.

Vous jouez avec art de l'ambiguïté entre écriture romanesque et autobiographique. Peut-on réellement parler de « roman » ?
Un « roman » désigne pour moi un ensemble narratif cohérent dont l'intérêt est intrinsèque et pas lié à l'identité des personnes dont on raconte l'histoire. « Roman », donc, parce que ce livre certes autofictif, inspiré de ma famille, est avant tout un livre sur « la » famille, sur les conflits familiaux et la chaîne des générations.

Comment vos proches ont-ils réagi en lisant La Haine de la famille ?
Avec humour et générosité. Ils l'ont lu bien avant publication. Je n'aurais pas publié le livre si mes parents s'y étaient opposés.

Propos recueillis par Nelly Bétaille
 

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne - dans Lectures
commenter cet article

commentaires

Articles Récents

Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

J'adhére

Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone