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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 10:00

Encore un roman d'Emmanuelle Pagano.
Elle sera, fin mai, dans une médiathèque près de Nantes et j'ai eu envie de connaitre tous ses titres avant d'aller l'écouter.




En CM2, Emma n'est pas vraiment jolie, mais ses seins sont déjà pleins.
Les garçons de sa classe n'ont pas encore un sexe capable d'assouvir le désir inspiré, mais ils ont des mains.
Durant une année scolaire, ils vont jouer de leurs 10 doigts pour la violer. Tous les jours.
Des années plus tard, 4 femmes ayant un rapport, de près ou de plus loin, avec ce drame se racontent.



Je me suis d'abord dit que je ne ferais pas de billet sur ce roman. Que je ne saurais pas dire toute cette rougeur sur mes joues. Que je ne pourrais pas décrire ma pudeur malmenée.
Et puis, finalement, me voilà devant mon clavier.
Il faut, parfois, surmonter sa timidité pour saluer le talent.

Dans ce récit, les mots dénoncent l'horreur des actes sexuels imposés, mais aussi la noirceur de la nature humaine.
On peut voir et se taire. Se douter mais ne pas vouloir savoir. Se souvenir sans se repentir.
L' humain est égoïste, sa compassion trop souvent absente. Peu importe que le conjoint souffre, que la pensionnaire en maison de retraite baigne dans son pipi ou ses résidus de gastro, que la petite fille au supplice crie "non!".

Au fil des pages, les mots ne se soucient pas plus d'épargner le physique que la sensibilité: ils maltraitent, aussi, le sexe féminin.
La vulve des jeunes filles ou des femme souffre, est mutilée, fouillée, malmenée.
Un livre très douloureux à lire pour une lectrice.

Pourtant tout poignant qu'est ce roman, il n'étouffe pas.
L'atrocité du sujet est adoucie par les jolies métaphores, les coutumes du terroir, la présence d'animaux doux ou magiques. 
Soutenue par une écriture, parfumée et souvent sensuelle, j'ai pu avancer mon livre. Jusqu'à la dernière page.
Et, je l'ai refermé irrévocablement marquée.

 

Comme le dit Antigone, c'est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.
Goelen partage notre admiration pour la plume de l'auteure.

Editions POL
Crédit couverture: Editions POL et Fnac.fr

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Published by Anne - dans Lectures
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commentaires

la nymphette 24/03/2009 16:26

Il me tente beaucoup surtout qu'au CM1 j'avais une petite camarade qui avait cette "avance physique"... Mais étant en train de lire "Il faut qu'on parle de Kevin", il me faudra une pause entre les deux... :-)

Anne 25/03/2009 09:21


Moi aussi, dans ma classe de CM1 il y avait une fille déjà pubére. Je me souviens parfaitement de son nom et prénom. C'est dire qu'elle nous intriguait.
Avec le recul, je me dis que nos regards "fureteurs", qui existaient surement pour nous laisser un souvenir aussi marquant, devaient être lourds pour elle.
Tu as raison d'opter pour une prochaine lecture plus légère


antigone 24/03/2009 06:58

Un livre pas facile, et c'est encore plus difficile de se dire qu'il y a beaucoup de "vrai" dans ce livre... Ravie de lire que tu succombes à son écriture !! ;o)

Anne 24/03/2009 08:25


Ravie, mais pas vraiment surprise, non?!


Géraldine 23/03/2009 22:53

Je pense que ce livre est trop lourd et trop grave pour me donner envie de m'y plonger ces temps ci. Par contre, c'est tes talents d'écriture que je voudrais vraiment souligné  Chapeau, tes billets sont toujours extrêment bien écrit et soigné, les mots ne sont pas choisi au hasard

Anne 24/03/2009 08:17


oh là là, je me sens toute gênée
Merci Géraldine!


éléa 22/03/2009 11:45

très belle façon d'en parler ... bravo ... quand à le lire, je suis assez indécise.

Anne 23/03/2009 08:42


Ce n'est effectivement pas une lecture qu'on choisi spontanément, sans réfléchir.


Karine :) 21/03/2009 13:16

Cette auteure m'intrigue mais je ne pense pas que j'irai avec ce livre... je trouve le sujet franchement trop difficile...

Anne 22/03/2009 08:59


Les autres titres devraient effectivement mieux te convenir


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Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

J'adhére

Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone