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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 11:40

Parce que j'ai vraiment aimé "Couronnes boucliers armures".
Parce que j'ai envie de profiter complètement de ma rencontre avec Louise Desbrusses mardi prochain, j'ai lu son 1er roman.


La narratrice est une artiste, amoureuse d'un autre artiste.
Difficile de vivre de leurs oeuvres.
Alors elle va travailler. Pas longtemps. Le temps de récolter un peu d'argent.
Mais ce temps-là ronge sa créativité, anéantie son énergie et sa personnalité, détruit toute sa joie de vivre.
L'urgence ne serait-elle donc pas de sacrifier ce boulot gagne-pain pour se retrouver?
Comment avoir la force, la motivation de crier "NON"?


Ce livre ne fut pas un coup de coeur: ce fut une fascination.

L'écriture de Louise Desbrusses est extraordinaire, et cet adjectif n'est même pas assez fort.
Elle ne ressemble à aucune autre: phrases non construites qui deviennent nos propres pensées, entrecoupées de parenthèses qui sont comme la petite voix raisonnant en nous, quand on se ment.
Une structure qui transforme les mots en coups de poing.
Qui m'ont meurtrie.

Qui meurtriront tous ceux qui subissent, peu à peu, toutes les conséquences d'un boulot gagne-pain.
Cette impression déprimante de gaspiller, au travail, son temps imparti ici bas.
Ce besoin de solitude, d'isolement qui remplace insidieusement celui de la sociabilité, du partage.
Cette difficulté croissante à exprimer ses besoins, ses attentes auprès de l'autre.
Ceux qui prennent conscience qu'ils se perdent, se noient...

Et si vous avez la chance de ne pas être de ceux-là, alors les "mots-coups de poing" vous couperont le souffle. Parce qu'un talent pareil ça vous époustoufle forcément.

L'avis de tous les membres du comité de lecture fut unaniment admiratif.
La rencontre avec Louise Desbrusses promet d'être "émotionnelle"....

 

Je recopie ici la 4ème (un extrait), pour vous donner une idée de l'écriture...

On est ce qu'on fait. On le fait. Puis on le devient. Vous allez chercher ce travail. Vous accepter ce travail (vous détester ce travail). Quand il s'agit d'être raisonnable, jamais vous n'hésitez. (N'hésitez-vous pas?) Non. Tenir. L'argent, l'urgence. Vous tiendrez, croyez-vous (croire, vous aimez). Tiendrez-vous? Vraiment: tiendrez-vous? Tenir. Ne pas tenir. N'existe-t-il pas autre(s) chose(s). Pensez-y. (Y pensez-vous?) Vos rêves, égoïstes, fantaisistes, irréalistes (qu'ils disent. Tous). Vos rêves. Laisserez-vous vos rêves. Agir.

Edit de samedi: Laure l'avait lu il y a plus de 2 ans. Elle était restée hermétique à l'écriture de Louise Desbrusses. Elle avait, elle aussi, publié la 4ème et à l'époque l'extrait me paraissait imbuvale. Comme quoi...;-)

Editions P.O.L
Crédit couverture: Editions P.O.L et Fnac.fr

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Published by Anne - dans Lectures
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commentaires

cathulu 28/04/2009 18:11

ouf,  un peu de temps piur  noter...Un sujet et un thème qui me parlent beaucoup...

Anne 29/04/2009 09:31



Malheureusement comme à beaucoup d'entre nous....



Florinette 27/04/2009 10:41

Après l'article de Laure, je me souviens avoir passé mon chemin, mais maintenant je me dis pourquoi pas... ;-)

Anne 27/04/2009 20:06


Le "truc" c'est qu'il faut le commencer et voir si on accroche...


chiffonnette 26/04/2009 20:41

Je ne la connais pas du tout mais ce que tu en dis me semble assez fascinant! Je la note pour un moment où je serai disponible mentalement pour m'y attaquer!

Anne 27/04/2009 09:15


Fascinant, c'est le terme exact! La rencontre avec Louise Desbrusses est pour demain, j'y pense avec déjà une chaleur dans le ventre.


Eric Van Hamme 26/04/2009 19:38

La quatrième est effectivement assez ardue à lire, question de rythme et l'emploi de multiples parenthèses.Mais comme tu as toute ma confiance, je le note -un de plus- dans la liste des livres à acquérir...Je suis un peu moins "lecture" en ce moment mais j'ai une bonne excuse, je suis en pleine écriture de roman.Merci à toi, je t'embrasse.Eric

Anne 27/04/2009 09:14


Je suis certaine, Eric, que tu arriveras à maitriser cette difficulté de lecture. Et là je peux te dire que tu auras mal (te voilà prévenu!). Tout y est:
les transports en commun bondés, la grande tour de verre et d'alu, la fatigue qui empêche de répondre à ses besoins créatifs...
La fusion t'inspire alors? ....C'est toujours ça de pris....


Arlette 26/04/2009 19:02

Il m'est arrivé dans le passé d'avoir un travail que je me suis mise à détester petit à petit et tous les jours c'était l'enfer jusqu'à la rupture . Par opposition à celui actuel où c'est un plaisir d' y aller .Je note donc ce livre qui t'a marqué . Bonne soirée !

Anne 27/04/2009 09:09


L'espoir d'en avoir un "où c'est un plaisir d'y aller" fait tenir...


Articles Récents

Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

J'adhére

Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone