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je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 11:30

Une collègue m'a prêté ce roman d'Anna Gavalda.
De nombreux billets négatifs avaient été publiés et je n'avais aucune envie de le lire. J'ai voulu lui rendre sans même l'avoir ouvert, mais j'ai eu comme une "mauvaise conscience". Je me suis dit que j'allais au moins essayer de lire les premières pages...
Et j'ai senti la petite chaleur familère, juste là au creux du ventre, celle qui s'embrase quand je sais combien je vais aimer un livre.



C'est Charles. Il a 47 ans, vit sa vie un peu à côté. Pas franchement celle qu'il aurait voulu. Comme d'autres, s'en contente.
Et puis, il apprend la mort d'Anouk. Bien sûr qu'il ne la voyait plus depuis 20 ans, et alors? Cela n'empêche pas la peine. Une peine qui, peu à peu, va s'insinuer partout, va tout bousculer. Le deuil devient celui de l'enfance perdue, des amours jamais vraiment amour, d'une amitié déchue, des idéaux oubliés pour les profits.



Tout, tout, tout m'a bouleversée dans ce roman!
Je suis passée par toute une quirielle d'ébranlements, de bouffées de fièvre.
Mon coeur suivait le rythme de l'écriture: brève et percutante quand la vie fait mal, trainante et détaillée quand la vie revient. J'ai vécu physiquement l'histoire de Charles, d'Anouk et de Kate.

Ce livre, c'est l'histoire du deuil que nous devons faire du passé, de ces pages qui sont parfois si difficiles à tourner. De ces choix, qui n'en sont pas toujours et que pourtant nous n'acceptons jamais.
Mais c'est aussi l'histoire d'une renaissance. Si les deuils sont plaies béantes, quelqu'un, des "au diable tout ça", des "tant pis on verra bien", peuvent les rendre cicatrices.
C'est l'histoire de l'espoir qui reste à ceux qui perdent les leurs. A chacun de savoir quoi faire de cette espoir-là...

Dans ce livre, vivent des hommes, des femmes et des enfants tout abimés. Seuls, ils s'atrophient. Ensemble ils se fortifient.
Je pressens ce que beaucoup vont dire: "Pssst: sujet banal, déjà vu, et surtout déjà lu chez Anna Gavalda".
Oui, mais si vous dites cela, c'est parce que vous ne connaissez pas Charles le paumé, l'atypique Nounou , la dévouée Anouk, la toute triste Kate et les autres!
Qu'est-ce que j'en ai eu à fiche qu'ils soient cloitrés dans un sujet usé! Je les ai aimés, pleuré pour eux, ri avec eux. Je les ai aimés comme ils étaient, pour ce qu'ils étaient. Comme j'aime dans ma vraie vie.

Aïe!!! Déjà toutes ces lignes écrites! Beaucoup trop! 
Voilà un billet que peu vont avoir le courage de lire jusqu'au bout...

Mais pour ceux qui seront arrivés jusqu'ici: il me reste une confidence à leur faire.
La deuxième partie du roman n'a été écrite que pour moi! Et oui!

Elle m'a parlé de cette vie à la campagne pour laquelle on sacrifie son raisonnable, ses ambitions, son confort citadin. D'une maison où beaucoup est à faire mais dont les pierres rendent amoureux fou. De ses dépendances où des tas d'enfants "duvettés" peuvent dormir à même le plancher. De ces animaux qui courent, suivent partout, protégent, pondent, aboient, comprennent et consolent les bleus de l'âme.
Elle m'a parlé de cette vie que je touche presque.
De cette vie qui pourtant proche maintenant, me semble encore un rêve inacessible.
De cette vie qui exige un don avant de s'offrir: quelques semaines de stress et d'anxiété.


Ce livre écrit pour moi a été, quand même, lu et aimé par d'autres! 
Par exemple,par Bellesahi, Cathulu, Gambadou. Il y a  aussi Cuné, mais son billet s'est visiblement perdu dans les méandres de la blogosphère.

J'ai vraiment eu l'impression qu' Amanda et  Philippe, eux,  n'ont pas lu le même livre que moi.


Editions Le dilettante

Crédit photo: Editions Le dilettante et Fnac.fr

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Published by Anne - dans Lectures
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commentaires

Lili 26/08/2009 22:51

Ca donne bien envie !Le thème a l'air de pouvoir résoner en tout un chacun.Je n'accroche pas avec le style d'écriture d'Anna Gavalda mais je réessaireai peut-être...

Aproposdelivres 17/05/2009 14:01

Moi aussi j'ai beaucoup aimé "La Consolante", j'étais prévenue que le début était déroutant car le style est brouillon et hâché ce qui reflète l'état d'esprit de Charles. Il faut persévérer au-delà des 100 à 150 premières pages car ensuite, j'ai savouré avec bonheur la suite de l'histoire et c'est avec beaucoup de regrets que je suis arrivée à la fin du livre...  

Anne 19/05/2009 14:44



C'est étonnant ce regret alors que nous avons déjà lu tant de pages: notre côté insatiable



pom' 16/05/2009 13:29

moi aussi, j'ai l'impression qu'on a pas lu le même livrechacun de nous a des gouts différents et attends pas la même chose de nos lecturesl'histoire du livre m'a plus, c'est la construction et l'écriture répétitive, pas assez fluide, qui m'a géné.

Anne 16/05/2009 14:36


C'est très surprenant ces nombreuses remarques sur l'écriture: moi je n'ai même pas remarqué. Ma lecture s'est adaptée automatiquement au rythme
des phrases, et celui-ci m'a plutôt aidé à ressentir physiquement l'histoire.


Marie 14/05/2009 15:05

J'aime beaucoup les romans d'Anna Gavalda... sauf la Consolante ! Je n'ai même pas réussi à terminer, j'ai abandonné au bout de 150 pages environ. Est-ce que je n'ai pas compris ? C'est possible. Mais je n'ai pas le courage de le reprendre...

Anne 15/05/2009 09:17


Je te comprends, je ne reprends jamais un livre que je n'ai pas aimé. Je préfère consacrer mon temps de lecture à celles qui m'attendent.


Florinette 13/05/2009 11:50

Jusqu'à présent, je n'avais pas très envie de le lire, car ma cousine qui aime beaucoup cette romancière l'a abandonné à cause, surtout, de sa construction qui l'a beaucoup déroutée...mais là, après tant d'enthousiasme, je dois dire que je viens de changer d'avis... ;-)

Anne 14/05/2009 09:15



Moi, la structure ne pas déroutée du tout. Au contraire, j'ai trouvé qu'elle était parfaitement adaptée au récit.
Le mieux est que tu le commences et tu verras de toi-même



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Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

J'adhére

Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone