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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 10:35

Emmanuel Carrère me bouleverse toujours. Chaque fois que je finis l'un de ses livres, je me dis: "Terminé! Il est décidément trop sombre." .
Et puis,  "je retourne à l'abattoir" à chacun de ses titres.


L'auteur a côtoyé 2 familles endeuillées. Leur courage, leur lutte pour continuer à vivre sans les êtres aimés, lui ont donné une leçon de vie. Ou, tout au moins, lui ont permis de relativiser son mal être.

Il a écrit le récit de leurs douleurs. Parce qu'un écrivain a cette capacité de pouvoir offrir une histoire à ceux qui ne veulent jamais oublier, jamais "les" oublier.


Au lieu de dire "Lisez ce récit, il est magnifiquement beau !", je vais plutôt écrire "Ne lisez surtout pas ce récit, il est beaucoup trop fort !". Vous savez comme on crie à l'héroïne d'un film d'horreur "N'ouvre pas cette porte ! Tu ne pourras plus faire marche arrière et il en sera fait de toi !".

N'ouvrez surtout pas ce livre si vous n'aimez pas Emmanuel Carrère.  C'est son "pur jus": noirceur, manipulation de vos terreurs, incrustation dans vos nuits. Et cette touche d'égocentricité déjà présente dans "Un roman russe" pourrait bien vous agacer (moi, je fonds de compassion!).

N'ouvrez surtout pas ce livre, tout simplement, si vous n'avez aucune envie d'avoir le coeur à l'envers ou l'âme cabossée.

Mais si vous êtes kamikaze, maso ou tellement admiratif du style Carrère, à vos risques et périls, ouvrez le !
Dans la seconde suivante, vous saurez que vous n'auriez pas dû, mais ce sera trop tard.
Vous allez être engloutis sous une tonne d'émotions. Engloutis, pas étouffés. Parce que derrière toute la douleur, l'injustice et l'incompréhension, s'épanchent  l'amour, la joie, l'innocence de l'enfance, l'amitié et la bonté.
Les autres vies que les nôtres restent la vie. Malgré tout.

Cuné parle de dignité et de douceur à propos de ce récit.
En recherchant d'autres avis, j'ai découvert le blog de Flora: son billet dit combien elle fut touchée, elle aussi.
Par contre, Yves, lui, reconnaît de belles pages mais fut globalement déçu par sa lecture.

Editions P.O.L
Crédit couverture: Editions P.O.L et  Fnac.fr

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Published by Anne - dans Lectures
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commentaires

Stephie 28/08/2009 07:52

Billet en ligne chez moi aujourd'hui, une merveille que ce récit.

clochette 07/06/2009 22:53

Je l'ai quasi fini, c'est un coup de coeur, le billet est prêt, je le programme pour la seconde quinzaine de juin.

Anne 08/06/2009 09:16


J'adoooore quand tu as les mêmes coups de coeur que moi!


Retsig 03/06/2009 03:22

Vous savez, la plupart du temps, quand nous crions à l'héroïne d'un film d'horreur de ne pas ouvrir une porte, c'est parce que nous savons, qu'en réalité, elle finira bien par l'ouvrir et là nous lui disons : "C'est bien fait pour toi ! Je t'avais pourtant prévenue !" Mais la pauvre, qu'aurait-elle bien pu faire : cette porte, elle était condamnée à l'ouvrir.Tout comme nous, avec ce livre, d'ailleurs...

Anne 03/06/2009 16:56


J'adore ce com'! C'est tout à fait ça!


Géraldine 26/05/2009 20:28

Le côté "trop sombre" me fait un peu peur. Mais cet auteur à très bonne réputation. Alors je le découvrirai peut-être un jour !

Anne 27/05/2009 08:24


Il saura attendre son heure


valérie 25/05/2009 19:18

Je découvre ton blog par hasard et je ne peux que m'y arrêter, ne serait-ce que parce que je suis moi aussi sous le charme D'autres vies que la mienne, alors que j'avais détesté Un Roman Russe. Pas d'accord pour dire que ce roman est racoleur, il est beau et sensible et évite de verser dans la guimauve. c'est tout simplement un roman magnifique. Je 'lai lu il y a une quinzaine de jours mai je le porte encore en moi.

Anne 26/05/2009 14:17



Moi aussi des phrases entières de ce récit tournent encore dans ma tête.
Merci de t'être arrêtée chez moi



Articles Récents

Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

J'adhére

Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone