Insatiable
lectrice
"Toujours un livre ouvert à lire, toujours un livre refermé à partager"
J'ai découvert Martin Suter avec "La face cachée de la lune", un roman un peu "déjanté" dont les héros étaient des champignons hallucinogènes. Si le thème de "Lila, Lila" est beaucoup moins original, l'intrigue est tout aussi prenante.
Serveur dans un bar de nuit, David est un homme insignifiant. Ses clients sont cultivés, alors que sa culture générale est mince. Et puis son salaire modeste ne lui permet qu'un petit appartement meublé avec des meubles d'occasion. C'est ainsi que dans une vieille table de nuit il découvre le manuscrit d'un roman. Et si, pour devenir plus brillant, il se servait de ces quelques pages? Marie, dont il se sent devenir très amoureux, le regardera-t-elle enfin? Hélas...
Je rectifie mon introduction: l'intrigue de "Lila, Lila" n'est pas prenante elle est diaboliquement captivante! Je ne comprends pas pourquoi avec un thème à la limite du "déjà lu maintes fois", je me suis trouvée incapable de lâcher ce livre. La manière d'écrire de cet auteur est redoutable, c'est tout!
Thriller donc? Pas si simple. Il serait possible de cataloguer ce livre comme un roman d'amours. De l'amour qui fait perdre tout sens commun, qui vaut tous les sacrifices. Et de celui qui prend racine sur des apparences, que l'intuition rejette et qui ne peut qu'être éphémère.
Suspense et sentiment dans un même cadeau, c'est bien. Mais Martin Suter soigne aussi l'emballage, puisque le héros évolue dans le milieu de l'édition. Au fil de l'histoire, j'ai découvert les dessous des promotions d'un nouveau livre, les conditions dans lesquelles les écrivains dédicacent en librairies ou dans les salons littéraires. Passionnant.
Ma LAL s'allonge; je rajoute immédiatement "Small World" et "Un ami parfait" pour retrouver cet auteur.
(Points)
Boulot, cartons, dodo.
je les ai savourés un peu plus que tous les autres.
"Je me sens portée par une force formidable, toute à ma joie de savoir que ma liberté de décision reste intacte au milieu des contraintes de ma vie."
Guillaume Le Touze "Comme ton père"