Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Insatiable lectrice
  • : Autour de ma vie gravitent des mots, des images, des émotions... Entrez dans ma constellation!
  • Contact

je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.

Recherche

Archives

Cette semaine

11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 10:43

Je ne découvre pas Emmanuel Carrère avec ce roman puisque j'avais déjà lu "La classe de neige", "La moustache" et "L'adversaire". J'aime le côté extrême de ses personnages, le caractère irréversible de leur histoire, l'ambiance malsaine dans laquelle ils évoluent.

 

Dans la vie de Frédérique tout est terne: sa vie de prof en collège, ses loisirs trop rares, sa relation cordiale avec son ex-mari, son fils sans souci, sa même meilleure amie depuis longtemps...

Après un diner familial, son beau-frère propose de finir la soirée dans un casino. Devant le tapis vert, la jeune femme connait une exaltation inconnue qu'elle ne peut plus ne pas renouveler...

 

Dés les premières pages de ce livre, je me suis retrouvée dans une situation analogue à l'héroïne. Elle est scotchée devant la roulette, je l'ai été devant son histoire. Aboulique, elle dit "Allez,encore quelques mises et j'arrête...",  velléitaire, je marmonne "Allez, encore quelques pages et je referme...". Elle prends un plaisir intense devant le suspense du numéro sortant, je prend un plaisir indéniable à l'intrigue.

Parce que dans ce roman, l'écriture fluide crée une tension palpable. Aprés les premiers chapitres, la question "Mais jusqu'où va-t-elle aller?" m'a cessé de m'étreindre.

Je ne peux pas dire que j'ai été émue par Frédérique, comme je l'avais été pour l'enfant de "La classe de neige" ou l'homme à "La moustache". Mais j'ai éprouvé beaucoup de pitié pour ce personnage. Elle s'ennuie tellement dans sa vie, qu'elle préfère encore la détruire plutôt qu'ôter ce piment qu'elle y a insidieusement ajouté. Elle sacrifie jusqu'aux relations avec son fils pour avoir le coeur qui s'emballe. Tellement pathétique comme attitude! Et pourtant...pourtant la monotonie du quotidien m'est-elle pas quelquefois pesante jusqu'à donner envie d'un point de non-retour?...Caresser quelquefois l'idée d'un substitut...Pouvons-nous, ainsi, être vraiment certains de ne jamais plonger dans l'enfer du jeu?...

Emmanuel Carrère a réussi, cette fois encore, à me troubler. Je me demande si je fais bien de continuer à fréquenter cet homme-là...

(Folio)

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne - dans Lectures
commenter cet article

commentaires

Lily 19/04/2007 11:42

Ah oui, bien tentant, je n'ai lu de lui jusqu'à présent que La classe de Neige... je crois que je vais récidiver vite fait ! Merci Anne

Anne 20/04/2007 09:09

Si tu as aimé l'ambiance de "La classe de neige", c'est que tu es réceptive à l'écriture d'Emmanuel Carrère. N'hésite à le lire: plaisir garanti :-)

Lilly 13/04/2007 12:40

Hum, ça a l'air glauque tout ça... Je note !

Loupiote 13/04/2007 12:33

Comme j'aime beaucoup E Carrère, je note celui-ci sur mon petit carnet. merci !

n-talo 13/04/2007 12:23

une idée bien peu généreuse : l'offrir à quelqu'un qui se plaint de s'ennuyer ... non je m'autoflagelle de cette pensée, mais tu as bien du mérite de nous relater avec émotions un livre ... d'ennui ?

Alice 12/04/2007 20:30

Voilà un auteur contemporain qui faut lire et découvrir ;-))) Merci Anne moi cela fait très longtemps que j'ai envie de découvrir cet auteur.

Anne 13/04/2007 08:36

Yueyin, avec toutes les tentations qu'ofrent les blogs et plusieurs biblis à ta disposition, non seulement tu ne risques de t'ennuyer, mais en plus tu risques de manquer de temps libre! 
Je suis sûre qu'Alice et toi prendraient plaisir à "rencontrer" Emmanuel [allons-y de son p'tit nom puisque Tamara nous assure qu'il est charmant ;-)].

Articles Récents

Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

J'adhére

Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone