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je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.

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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 11:11

Ceux qui naviguent sur les blogs savent déjà, via mes com', que j'ai lu le dernier roman de Jean-Philippe Blondel, que j'ai ressenti les mêmes sensations que Caro[line], et que j'ai perçu l'intrigue complètement différemment de Laure...

 

 

 

Susan, une jeune anglaise, part avec ses 2 filles une semaine chez "papa-maman". Se faire cajoler à son tour; laisser les grands-parents s'occuper des enfants pour lire, aller au ciné. Elle suggère à Vincent, son français de mari, d'en faire autant. Il ferait tellement plaisir à sa mère! Et puis il pourrait revoir ses copains, savoir ce qu'ils sont devenus en 10 ans! Pas franchement emballé, Vincent convient pourtant qu'il pourrait bien laisser son boulot quelques jours... et prend l'Eurostar.

 

 

 

Je vais faire là un compliment hautement littéraire: en fermant, ce roman je suis restée comme "2 ronds de frites"!

C'est une expression chez nous qui veut dire à peu près "Rester bouche bée" ou "Etre scotchée" ou "Ah bah, ça alors!". Pendant quelques minutes, je n'ai pu ni parler, ni bouger... submergée d'émotions.

Pas simplement parce l'histoire est chargée de sentiments. Elle installe une angoisse sourde, elle inonde l'âme de questions dérangeantes: "Où fini l'égoïsme et où commence l'individualisme?". "Quand on part peut-on vraiment tout laisser derrière soi... laisser des amis sur le chemin... est-ce condamnable quand il est question de survie?". "Quelle part de responsabilité avons-nous sur les mauvaises décisions d'autrui?".

La misère de la solitude, le poids des préjugés familiaux, les choix pour son avenir, les amitiés qui s'étiolent, les obligations qu'on s'impose pour se donner bonne conscience... ce livre est tellement actuel dans ses nombreux sujets qu'il m'a été impossible de rester hermétique. Impossible de ne pas sentir "vibrer quelques cordes sensibles". Expression, cette fois, universelle mais tellement adaptée...

A ceux qui, après "1979" ou "Accès direct à la plage", disent qu'ils n'aiment pas le "style Blondel", je leur réponds qu'il n'existe plus de "style Blondel" et ce, déjà, depuis "Le passage du Gué". Il y a un auteur qui sait écrire les émotions belles ou moches, manier cynisme et humour. Il y a un homme qui sait chambouler. Il y a un Jean-Philippe qui sait toucher. Et pour cet extrait, il y a un Monsieur que je remercie.

 "...Les proportions parfaites ne m'attirent pas outre mesure. j'aime qu'une femme ait son histoire ancrée dans le corps et qu'en la déshabillant se dévoilent les sièges de ses douleurs et de ses passions. Des cicatrices d'accouchements. Des signes d'inquiétude. Un reste de varicelle. Un renflement révélant la tentation du chocolat face à la déprime passagère..."

 Parce que, ça fait du bien de lire ces mots-là ;-)

 

(Robert Laffont)

Crédit couverture: Edition Robert Laffont et Fnac.fr

 

PS: Dans ses meilleures années, mon Chéri doit lire... allez, disons, 3 livres. Trop curieux de savoir "qu'est-ce qu'elle lui trouve à celui-là, hein?" il a profité des 2 malheureux après-midi de soleil que nous avons eu cet été pour découvrir ce roman. Il ne pouvait plus en lever les yeux! Une honte! A côté, sur ma serviette, j'existais même plus!

Tout ça pour dire, que cette histoire d'homme peut plaire aussi aux hommes... donc au vôtre... donc vous pouvez lui offrir... donc vous pourrez lui emprunter ;-)

 

Laurence et Clarabel nous disent ce qu'elles en ont pensé ici et

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Published by Anne - dans Lectures
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commentaires

Joelle 27/09/2007 18:48

J'avoue (à ma grande honte) n'avoir rien lu de cet auteur !!! Il faut que je comble cette lacune et ce titre m'a l'air parfait !

Anne 28/09/2007 08:52

Sinon, ses titres précédents sont édités en poche.

Laure 28/08/2007 19:23

Je commence à me dire que je suis la seule vilaine méchante dans le lot, et je vais finir par retirer mon article, comme ça fini les vagues .? ;-))

Anne 29/08/2007 08:41

Mais qu'est-ce que tu vas imaginer! Ici, chez moi, tu n'es absolument pas une vilaine méchante! Tu es tout simplement une lectrice qui n'a pas aimé un livre, qui a eu la franchise de l'écrire sans aucune aversion quelconque envers l'auteur. Point final! Ton opinion est tout autant respectable que les autres, et j'ai toujours envie d'aller voir tes prochaines. Pas question de t'enlever de mes liens: pour moi tu n'es une vilaine méchante que dans les tentations que tu me fais miroiter!
Passe de bonnes vacances sur les plages de Vendée! Et garde ton franc parler, avec tous ces vendéens, bien connus pour leur fort caractère, autour de toi; tu dois en avoir bien besoin ;-)))) 

 

nathalie 28/08/2007 09:41

Merci Anne pour ton billet lecture, plein de charme ... Dans ma PAL, j'ai "accès dircet à la plage" et j'ai noté dans ma LAL "1979" mais là, je note et je surligne ce titre ... J-P Blondel est à connaître et à lire ... Me^rci et à bientôt ... Bises

Anne 28/08/2007 15:03

J'avais encore préféré "Accès direct ..." à "1979". Leur style est basé sur le même principe de construction: à mon avis si t'aime un tu aimeras l'autre. Moi, j'ai encore "Juke box" dans ma PAL.

boo 27/08/2007 14:22

Encore une fois magnifique billet, décidément tu es une tentatrice dangereuse Anne! Je le note,  sans plus attendre. Merci infiniment.
 

Anne 28/08/2007 09:04

Tentatrice dangeureuse? Vous l'êtes tous aussi ;-(

Clarabel 27/08/2007 11:29

Anne, j'avais relevé et aimé le même extrait que toi !!! :)))
Oui, ça fait du bien de lire des choses comme ça !
Et aussi le coup du dimanche en France, hihihi, j'avais pas mal rigolé ! Parce que je pense exactement la même chose !
Que de passion dans ce billet, Madame ! J'applaudis !! :D
Et Monsieur JPB, non ce n'est pas maladroit de réagir sur ses propres livres. Après tout, ce sont vos bébés, vous devez les bichonner jusqu'au bout. C'est un crime de les abandonner ! ;o)

Anne 27/08/2007 12:46

Quelle femme ne s'arrêterait pas à cet extrait?!
Moi, les pages sur le dimanche morne ne m'avaient pas fait rire! Bien au contraire, j'ai, d'un coup, pu retrouver la chape de mal-être qui m'envahit ces jours-là. Brrrrrr...
Tu sais bien que moi si j'aime c'est avec passion ;-)
JPB: un infanticide? T'y vas pas par le dos de la cuillère !!!!

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Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

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Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
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Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
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Manifeste d'Antigone