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je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 10:48
Je vous parle sans cesse de la campagne lozérienne. De sa beauté, de l'effet qu'elle peut avoir sur moi.
Il serait peut-être temps maintenant que je fasse honneur à tous ceux qui contribuent à mon bonheur d'être ici.

De par mon travail d'aide-soignante à domicile, j'ai la chance d'avoir été, tout de suite, très proche de mes autochtones. J'ai découvert, au coeur de ce département essentiellement rural, des personnes inconscientes de leur sagesse, de leur quiétude, de leur éthique. Ecrire que je reçois chaque jour des leçons de vie ferait un tant soit peu grandiloquent, alors disons que très souvent "ils m'en bouchent un coin". Un coin de mon âme.

J'ai rencontré Alphonse qui m'a appris qu'un "essentiel indispensable" pouvait être minimaliste.
Il vit dans un hameau, inaccessible l'hiver, avec 3 autres habitants. Il est né là, il vit là, il mourra là. C'est la maison de son grand-père tisserand qui, dans la vieille écurie, tissait la laine de ses moutons. Peut-être bien que les moutons d'Alphonse sont leurs descendants...
La maison est chauffée avec un vieux bidon astucieusement transformé en poêle à bois. Une casserole d'eau chauffe dessus en permanence; le robinet à la pastille rouge n'existe pas. La toilette se fait au broc, devant l'évier.
Ici le temps s'est arrêté. Et quand je regarde les yeux heureux d'Alphonse, je comprends que peu lui importe. 

J'ai regardé comme le travail aide à garder des forces, une motivation de vivre quand la vieillesse et ses douleurs s'installe.
A plus de 80 ans, Marie brosse encore son plancher au savon noir, Bleuette entretien assidûment son potager et Edmond élève toujours sa kyrielle de poules et dindons.

J'ai croisé le chemin du courage.
Louise gère seule ferme et enfants depuis que son mari est parti avant d'avoir pu vivre ses 40 ans. Elle sait pourtant encore sourire, donner du temps aux autres.
Jeanne fut vachère dès 6 ans, a perdu une petite fille de 3 ans, a gardé près d'elle sa maman grabataire jusqu'à son dernier souffle, est en deuil de son mari depuis peu. Elle sait pourtant encore parler du bonheur de lire.

Je pourrais aussi parler de Lucienne, de Louise, de Léa ou d'Emile, mais mon billet finirait par ressembler à un roman de terroir!

Je vais donc le conclure en rendant un hommage attendri à la gentillesse des lozériens, dissimulée derrière une nonchalance bourrue. C'est à qui s'inquiète de mon adaptation à la vie d'ici, à qui "demande après" mes enfants.
De chez eux, ils n'aiment pas que je reparte "les mains vides". Alors je rentre chez moi avec un cageot de pommes de terre ou de poires, un sac de ceps ou une boite d'oeufs, ou encore une part de fougasse.
Et même des chaussons et chaussettes tricotés maison!
Parce qu'ici parait que l'hiver est rude. Pas grave: auprès d'eux je prendrais, en temps voulu, des leçons de vie pratique.












Bon dimanche!

Comme dans les vrais romans, j'ai changé les prénoms de "mes gens".
Crédit photo: moi.

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commentaires

loulou 25/10/2009 17:07


"ils te le rendent bien"


Anne 27/10/2009 20:22


J'avais corrigé de moi-même


loulou 25/10/2009 17:06


ton billet me donne des frissons, tu aimes tes "patients de Lozère" et il te le rende bien ! j'adore les chaussons


Anne 27/10/2009 20:22


Oui, je les aime! Et d'autant plus que je souffrais de l'incivilité des citadins depuis des mois.


Philippe 21/10/2009 15:56


POur des chaussettes pareilles, je comprends l'engouement pour la Lozère. Non sèrieusement, c'est uine bonne idée que d'aller au bout de son idée...


Anne 23/10/2009 14:46


Une bonne idée qui peut éviter quelques regrets éternels


Theoma 19/10/2009 01:14


Quel beau billet ! J'avais comme image mon grand-père coupant contre son torse un pain rond de campagne. Merci pour ce voyage !


Anne 19/10/2009 15:55


Ton image est trés réaliste, crois-moi!


Allie 19/10/2009 00:55


J'en ai des pareils que les tiens, sur la première photo! Mais les miens n'ont pas une aussi jolie histoire ;)
Ton billet est émouvant et merveilleux... Capter les petites choses que les gens de notre coin de campagne nous apporte... les leçons de vie comme tu dis. J'en ai eu pleins depuis que je suis ici.
Par les gens. Par le nouveau mode de vie. Par la nature. Je trouve ça magique.
J'admire Alphonse et son vécu... c'est quelque chose!
Profite bien de tous ces petites parcelles de bonheur que t'offre la vie!


Anne 19/10/2009 15:54


Oh oui, les gens ici m'apportent beaucoup.
Je suis aussi consciente, maintenant, du décalage qu'il y a entre l'idée que les citadins se font d'eux et ce qu'ils sont réellement. Ils trouvent leur bonheur, là, où l'on pourrait
croire qu'il ne peut exister.


Articles Récents

Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

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Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone