Insatiable
lectrice
"Toujours un livre ouvert à lire, toujours un livre refermé à partager"


Un petit garçon d'environ 8
ans déambule dans les rues, en pyjama, perdu et muet, apparemment sous l'effet d'un traumatisme. En attendant de connaître son identité, les services sociaux le placent chez Jenny et Fraser,
une "famille d'accueil". Le couple stérile traverse justement une petite déprime.
Inutile que je vous fasse un résumé: le titre est suffisamment explicite.
Plusieurs billets ont vanté ce roman de Maggie O'Farrell, puis Aifelle m'en a parlé de vive-voix avec beaucoup d'enthousiasme. J'en attendais donc beaucoup.
Un asile psychiatrique ferme ses portes. La direction prévient les familles des malades. Et donc Iris.
Mais Iris n'a jamais entendu parler d'Esme, qui serait la soeur de sa grand-mère Kitty! Et cette dernière atteinte de la maladie d'Alzheimer ne peut lui donner aucune explication.
Alors le temps que les services sociaux s'organisent, elle va la garder chez elle.
De retour dans la "vraie vie" Esme se souvient peu à peu. Commence à comprendre le pourquoi de ses 60 ans d'internement.
De son côté, Kitty, à travers les brumes de son esprit perturbé, voit le remords se profiler.
J'en attendais beaucoup et je n'ai pas été déçue du tout!
Ce roman est typiquement de ceux qui se lisent facilement, dont l'histoire vous accroche dès son ébauche.
La construction du récit n'est pas chronologique. Les indices donnés tour à tour par Esme, Kitty et Iris, pour comprendre la trame, sont distillés à petites doses. Notre imagination,
émoustillée, doit remettre peu à peu tout en place, et ça moi j'adore!
A travers la vie de ces 3 femmes, Maggie O'Farrell, raconte combien au début du siècle les femmes pouvaient facilement être internées, sous le prétexte d'hystérie féminine. Terme médical qui
englobait tout et n'importe quoi comme, par exemple, une espièglerie adolescente.
Il est aussi beaucoup question de maternité dans ce livre. Celle qui devient besoin douloureux, celle qui fait tant souffrir quand elle devient deuil.
Le tout est enveloppé dans un carcan de secrets familiaux pas jolis du tout...
Cette lecture ne me laissera sans doute pas un souvenir éternel, mais entre suspense, émotions, frissons d'horreur elle m'a rappelé combien lire était un plaisir.
YS en avait un livre voyageur. L'ont lu: Aifelle, Anjelina , Bellesahi, Cathulu, Florinette, Karine, Nanou...Avis unanimes!
Editions Belfond
Crédit couverture: Edition Belfond et Fnac.fr
Objectif PAL: -1
Comment vais-je donc pouvoir vous expliquer pourquoi j'ai aimé ce bouquin?
Mes toutes premières lectures dans mon nouveau chez moi n'ont été que déceptions. Aucune n'a su me captiver ou m'émouvoir.
Je crois que mon environnement m'envoutait trop pour laisser un peu de place à l'imaginaire!
Un soir de décembre
Il me semblait que j'avais lu 1 ou 2 billets positifs sur ce titre de Delphine de Vigan, mais surtout j'avais beaucoup aimé "Non et moi".
Il ne m'a tellement pas accroché qu'aujourd'hui je suis bien en mal d'en écrire quoi que soit! Il ne m'en reste presque aucun souvenir.
C'est le récit d'une dépression, de regrets d'un amour perdu...rien de bien approfondi.
Je retranscris juste une phrase qui donne le ton et qui est bien d'actualité aujourd'hui!
"On appelle ça la rentrée. Rentrer d'où, je te le demande, de quoi revient-on, encore vivants, de quel été, de quel ennui?"
Edition Points
Les heures chaudes
J'avais hâte de lire mon exemplaire dédicacé ce jour-là par Annie Lemoine. D'autant plus d'Antigone a aimé 2 autres titres de cette auteure que nous avions trouvée très sympathique.
L'atmosphère des "heures chaudes" est très lourde: il fait chaud, les corps appellent la sensualité. Pourtant le couple de ce récit se déchire, lutte contre l'extinction de
leur amour.
La fin sera extrême. Trop à mon goût, si bien que mon impression générale de lecture en fut toute noircie.
Edition J'ai lu
Carrefour des nostalgies
Je m'attendais à retrouver dans ce nouveau
roman d'Antoine Laurain tout l'humour qui m'avait fait craquer dans "Fume et tue". Or il dégage plutôt un ton doux-amer (d'après la 4ème) qui n'a pas su, réellement, m'accrocher. Le héros
qui dans une période "out" de sa vie recherche ses anciens camarades de lycée, m'a laissé indifférente. Quelques intrigues politiques essaient de donner du piment au récit; je n'y ai vu qu'un peu
de poivre.
Ceci dit, j'ai terminé ce livre sans forcer : signe que l'histoire m'a retenue quand même.
Les avis enthousiastes de Caroline et Cuné. Amanda a aimé, Papillon un peu moins.
Merci à Antoine Laurain pour sa gentillesse. J'ai de la peine d'être sévère...
Edition Le Passage
Après ces 3 titres, j'ai ouvert un Philippe Claudel que je n'avais pas encore lu. Et lui a réussi l'exploit d'happer mon esprit voyageur.
Les âmes grises
J'ai retrouvé avec "Les âmes grises" le ton et l'atmosphère du "rapport
Brodeck" qui m'avaient rendue si admirative. Tout pareil, le narrateur relate un évènement passé qui devient l'attribut de la noirceur humaine. L'histoire dit, encore, combien la guerre peut
transformer les âmes, révéler la cruauté qui se niche au fond de nos ventres.
Les mots sont poignants. A lire, en étant avertis quand même, qu'il n'a aucune trace d'espoir dans cette histoire. L'amour ne peut-être que douleur, la solitude immuable, le deuil éternel.
J'ai regretté, un peu, de l'avoir lu alors que mon esprit était plein de joie. Le décalage était trop grand pour que je ressente des émotions très fortes.
Edition Livre de poche
Voilà mes billets en retard réduits à ces quelques lignes.
Je vais, maintenant, essayer de reprendre mon rythme habituel.
Crédit photos: Fnac.fr
ETUDE SOCIOLOGIQUE DU ROMAN "Le challenge du Dr Dan
Davis"
1ere constatation: Il est très difficile d'assumer le fait de lire ce genre de roman. J'ai choisi mon Harlequin en catimini, me suis lancée dans des explications mensongères
(c'est pour ma vieille voisine!) devant la caissière qui pourtant ne me demandait rien. Puis je l'ai lu, recouvert d'un papier bien opaque (suis pas allée jusqu'à la photocopie d'une couv' de
Proust!).
Mon avis: Je me demande si je ne souffre pas d'un complexe de supériorité refoulé du genre "Moi, Mâdame, je lis de la vraiiiie littératuuuuure".
2ème constatation: Les expressions populaires ne sont pas réservées aux prolétaires: les responsables de collection les emploient sans aucun complexe.
"Chère lectrice,
....Le bonheur est à portée de main, mais hélas, ce bonheur n'est pas toujours si simple à attraper!.......avec des si, on mettrait Paris en bouteille n'est-ce pas? La vie serait alors un long
fleuve tranquille, et manquerait d'un peu de piment qui la rend si passionnante!......"
Mon avis: Je me demande si je ne souffre pas d'un perfectionnisme aussi inutile que prétentieux du genre "Moi, petite blogueuse me creuse les méninges pour écrire des phrases que personne
d'autre n'avait trouvé avant".
3ème constatation: Quelques jours après son embauche, une jeune célibataire peut parfaitement parler de son angoisse à son nouveau patron qui s'inquiète (sympa!) de lui
trouver " un air las (au bout de 3 jours de taf ?!!) et préoccupé".
Aucune remarque désobligeante de
sa part ne suivra cette confidence: "J'ai déjà trente-quatre ans, et j'ai de plus en plus conscience que le temps passe, et que mon horloge
biologique joue contre moi. Par moments, j'ai un peu le cafard et je me sens en mal d'enfants.".
Bien au contraire! Pas moins de 3 semaines après, il se peut qu'il vous invite au
resto et théâtre.
Mon avis: Je me demande quels coches j'ai laissé passer tout au long de ma vie professionnelle en laissant mes soucis à la porte, à ne pas confier mes pauvres états d'âme à mon grand chef!
Je me suis toujours fait un point d'honneur d'être souriante au boulot: résultat je n'ai jamais été invitée à quoi que soit. Trop conne, tiens!
4ème constatation: L'homme (même le beau carcasse, à la mâchoire carrée) est toujours jaloux quand un autre homme (même un vieux insignifiant) à l'occasion de
sauver sa belle en son absence.
Il se fâche fort, mais l'amoureuse comprend tout "Votre orgueil et votre fierté masculine ont été offensés, c'est bien cela?".
L'homme accuse le
coup: "Vous avez raison. Je veux jouer les héros, mais je n'en suis pas un. Le courage physique n'est rien. Le vrai courage,
c'est d'oser se mettre à nu, de baisser la garde pour vivre pleinement, et accepter d'aimer...".
Mon avis: Je me demande si je n'ai pas toujours eu tout faux à fantasmer sur des Stalone ou Schwarzy, puisque le courage physique est dérisoire. Tant de nuits gaspillées: quelle
poisse!
5ème constatation: Un médecin et une infirmière peuvent très bien tomber amoureux l'un de l'autre.
Travailler ensemble dans des situations extrêmes "...elle était en train de désinfecter le vilain ulcère variqueux d'une vieille dame, en ôtant le pus au moyen
d'une seringue..." et rester trèèèèèès romantiques "J'ai vu ton visage se lever vers moi, j'ai cru défaillir de joie!".
Ils peuvent
même se marier devant une famille émue et soulagée de les voir "si heureuuuuuux après toutes leurs soufraaaaaaances sentimentales passées".
Et pendant leur nuit de noce, le beau docteur, tout fou-fou, peut très bien jouer avec sa belle et lui murmurer que "le grand enfant (qu'il
est encore, soi-disant) pourrait te prouver qu'en certaines occasions, il sait être un homme."
Mon avis: Je me demande à quel moment je suis devenue vieille et désabusée.
Avec horreur je viens, aujourd'hui seulement, d'en prendre conscience! Ce roman m'aurait fait rêver "autrefois" (quand j'étais jeune et pleine d'illusions!), aujourd'hui je n'y ai pas cru
une seconde!
Encore pire: je l'ai trouvé limite ridicule! Au secours, je suis une rombière aigrie!!!!
CONCLUSION DE L'ETUDE
Les romans roses ne sont pas du tout roses. Ils savent vous balancer en pleine face des vérités que vous
ne vouliez surtout pas voir.
Ils pourraient très bien être la cause de la morosité ambiante.
Soyons tout de même prudents devant cette grave éventualité. Une étude plus approfondie est nécessaire pour la confirmer.
D'autres sociologues se mettent à la tâche. Vous trouverez leurs noms chez Chiffonnette et Fashion.
Monsieur part en déplacement à Nantes mercredi. Je passerais quelques jours seule: heureusement le loup du Gévaudan ne sévit plus depuis longtemps!
Normalement c'est ma dernière semaine de remplacement au centre de soin: j'espère qu'il sera prolongé...
je les ai savourés un peu plus que tous les autres.
"Depuis la veille j'avais gardé l'oeil sec, je pleurais comme pleurent les grottes: à l'intérieur"
Eric Fottorino "L'homme qui m'aimait tout bas"