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je suis heureuse de vous accueillir pour partager avec vous toutes mes lectures, beaucoup de mes émotions et un peu de ma vie.

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 15:29
Nous avons été quelques blogueurs à être sollicités pour découvrir 2 livres parmi ceux sélectionnés pour le Goncourt des lycéens. J'avoue être un peu saturée par les offres commerciales, mais celle-ci était tellement attrayante que j'ai dérogué à ma décision de ne plus rien accepter pendant quelques mois. Je sais... je sais... inutile de me le répéter: je manque un poil de détermination dans mes promesses!

Dans la liste proposée, j'ai choisi ce récit d'Eric Fottorino en souvenir de "Caresse de rouge": un roman fort  qui m'avait bouleversée, il y a quelques années.



A plus de 70 ans, Michel Fottorino, père de l'auteur, a mis fin à ses jours. Son fils éprouve une douleur proportionnelle à tout l'amour qu'ils pouvaient avoir l'un pour l'autre. Une douleur proportionnelle à toute l'admiration qu'il avait pour son papa. 
Au coeur du deuil il ne veut surtout pas l'oubli:  "si je ne fais pas quelque chose, vite, sa vie entière va disparaître avec lui." . Alors il fait quelque chose: il publie 148 pages de souvenirs.


Entendre un homme parler de ses émotions et de ses douleurs, savoir qu'il peut pleurer: moi, ça m'émeut toujours. C'était donc couru d'avance: cet amoncellement d'amour filial ne pouvait que me plaire.
D'autant plus que l'écriture simple offre une lecture fluide, sans entrave pour le ressenti.

Pourtant au-delà de la beauté de cette complicité affecteuse reste la partialité du texte. Et là franchement, j'ai trouvé que le "trop bien" cassait l'émouvant. Occulter ses défauts m'a rendu ce père trop irréel. Je pense que mon émotion aurait été plus dense si le côté sombre de l'homme (parce qu'on sait tous que personne ne peut avoir toutes les qualités, n'est-ce pas?!) avait été un peu plus qu'effleuré en quelques lignes, dans les dernières phrases.
Mais sans doute est-ce le propre de tout deuil d'idéaliser le souvenir...

Un récit coup de coeur pour Sylire, très émouvant pour Jules et Cathulu.
Antigone s'est sentie gênée par un sentiment de voyeurime.

Merci aux organisateurs de cette proposition.

fnac_goncourt










Editions Gallimard
Crédit couverture: Editions Gallimard et Fnac.fr
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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 15:20
Le Livre de poche m'a proposé ce roman de Margaret Murphy. Après plusieurs lectures un peu décevantes, je me suis dit qu'un thriller pourrait s'avérer bien agréable.


Un petit garçon d'environ 8 ans déambule dans les rues, en pyjama, perdu et muet, apparemment sous l'effet d'un traumatisme. En attendant de connaître son identité, les services sociaux le placent chez Jenny et Fraser, une "famille d'accueil". Le couple stérile traverse justement une petite déprime.
La police a fort à faire puisque, dans le même temps, une femme est trouvée assassinée et un enfant est enlevé...




Il est des 4ème de couverture qui, de part leur résumé enjolivé ou leur éloge intarissable, donnent l'impression d'être trompeuses. Là, c'est la catégorie dans laquelle est placé ce roman qui me parait plus racoleuse que justifiée. Un thriller ce n'est pas ça, que diable! Ici pas de problème pour stopper ma lecture, pas de soirée qui s'éternise, pas de pages lues vite fait en cachette, pas de frissons dans la nuque. Pas de doute: je suis très loin de mon cher King.

Finalement, le classement erroné de ce livre a joué en sa défaveur. Je pense que si j'avais pensé lire un "simple" roman, j'aurais pu l'apprécier tout autrement.
Parce que l'histoire de ce petit garçon choqué est prenante, la vie de ce couple en mal d'enfant attachante et l'intrigue assez bien construite.
Les personnages secondaires comme ce pédopsychiatre, cette fille déboussolée ou ce duo de malfrats tiennent une place entière et permettent d'étoffer, de façon très intéressante, les thèmes abordés: l'enfance saccagée, le syndrome de fausse mémoire, les thérapeutes charlatans.

A mon avis, ceux qui ont des PAL ou LAL honteuses peuvent passer leur chemin.

Editions Payot et Livre de poche
Crédit photo: Editions livre de poche et Fnac.fr
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:30
J'ai accepté la proposition des Editions Sulliver de m'envoyer ce roman de Rozenn Guilche, après avoir lu cet  extrait. Je trouvais que le style d'écriture était proche de celui de Louise Desbrusses, découvert l'année passée et qui m'avait tant et tant touchée. 




Elle accouche, ne veut pas de l'enfant. Le dépose dehors dans la neige. Le bébé aurait du mourir. Mais la fillette est sauvée par les services sociaux et rendue à sa mère.
Chaque jour, elle s'entendra reprocher d'être en vie.




Que dire? Que j'ai aimé ou pas? Je ne sais même pas répondre à cette question.

L'histoire est très embrouillée. A chaque paragraphe il faut se demander qui de la mère ou de la fille est la narratrice. Pas trop clair. J'ai pataugé et malgré tout persisté, entrainée par l'écriture percutante, par les mots qui claquent.

Au fil des pages, j'ai commencé à saisir le récit. A le comprendre jusqu'à la nausée. Jamais lu un texte aussi dur! Quelques scènes sont franchement horribles de sordide, de sadisme.
Mais, une espèce d'envoutement pour cette atmosphère noire s'est créé et je suis allée jusqu'à la fin.

J'ai vécu là une expérience de lecture inattendue et franchement atypique.
Si vous voulez la tenter, je vous prête volontiers ce roman. Parce qu'on peut lire beaucoup et être encore surpris.


Editions Sulliver
Crédit couverture: Editions Sulliver
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 18:00
J'ai lu, avec plaisir, quelques livres de Stefan Zweig. J'ai frémis, comme rarement, avec "Le joueur d'échec" et ai été émue aux larmes avec "La confusion des sentiments". Sans conteste mes 2 titres préférés.
Il y a quelques jours, "on" m'a offert cette nouvelle et il ne fut pas question de la faire passer par ma PAL.





Un matin, un romancier renommé reçoit la lettre d'une femme avec cet en-tête: "A toi qui ne m'a jamais connue".
Au fil des feuillets, une femme lui exprime, avant d'expirer, tout cet amour qu'elle a tenu secret des années.



Je le dis tout de suite, ce texte ne détrônnera pas mes 2 favoris.
Je l'ai lu avec plaisir, apprécié quelques jolies tournures de phrases. Voilà. C'est tout.

Nombre d'entre vous* ont pourtant été extrêmement touchés par cet amour unilatéral, mais moi non.
Le "trop" m'a gênée. Trop de servitude, trop d'abnégation, trop de douleur, trop de passion. Je n'arrive pas à imaginer que toute personne "normalement constituée" puisse aimer à ce point-là. Cette pauvre femme me semblait être un cas pathologique plutôt qu'une véritable amoureuse.
Je n'ai pas pu (ou pas su) être une lectrice empathique ou compatissante. Quelquefois même j'ai frôlé l'agacement. Comme une envie de la secouer, de lui ouvrir les yeux à cette amoureuse transie!

Je crois qu'en moi le féminisme est plus fort que le romantisme. Effet (beaucoup! )plus de 40 ans????

(*En autres:  Alice, Bellesahi, Caroline, Kalistina...)

Un grand merci à "on". Parce que je suis toujours heureuse de recevoir et de lire les cadeaux plein d'amitié. Et ce quel que soit mon ressenti pour le livre offert.

Edit du 7 octobre: Leiloona a publié un billet qui rejoint le mien.

Editions Stock (La Cosmopolitique)
Crédit couverture: Editions Stock et Fnac.fr
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 19:35
Suite à ma lecture du roman de Sue Hubbel "Une année à la campagne", Cathulu et Aifelle m'avaient suggérée de lire ce recueil de témoignages de Françoise Lapeyre.


Inutile que je vous fasse un résumé: le titre est suffisamment explicite.

Les récits sont classés selon la spécifité de chaque solitude.
Certaines femmes vivent une solitude nécessaire. Bien souvent ce sont des artistes.
D'autres subissent une solitude survenue ou la choisissent réparatrice.
Pour finir, plusieurs religieuses content leur vie d'ermite.

J'ai pioché au coeur de ces vies une base de réflexion personnelle. La nature et la solitude qui me sont nécessaires, ne sont pas en moi par hasard. Je commence à le comprendre......

Pourtant je ne suis, au final, pas franchement emballée par ce livre. Je l'ai trouvé trop froid. Françoise Lapeyre raconte, retranscrit des paroles, mais je n'ai senti aucune chaleur dans son écrit. Elle est restée distante alors que j'aurais aimé ressentir quelques émotions ou, au moins, un certain attachement pour ces femmes-là.


J'ai relevé plusieurs remarques très pertinentes sur la vie à la campagne. Je vous en note quelques unes.
Histoire de laisser entrevoir (à ceux qui n'en ont pas encore marre d'être bassinés!) un peu de mon quotidien lozérien.

"Le déroulement des journées témoigne des tiraillements entre les sollicitations de cette vie tant aimée (...) toujours les mêmes conflits entre le désir de lire, de contempler à l'envi la nature et de retourner à ses travaux" 
Ah! Toujours ce temps qui manque, me tiraille, m'oblige à des choix...

 A propos des courses: "Ne rien oublier, sinon s'en passer!". Tout à fait vrai quand le premier supermarché est à plus de 20 bornes de chez soi!

"Le décor de ma vie est un fabuleux cadeau". Oh que oui!

"J'avais besoin de solitude tout en étant, affectivement, très dépendante." Rarement phrase a si bien parlé de moi. Ma dépendance comme un état positif, un état de femme très amoureuse.

"Le contact avec la nature m'est essentiel.  La contemplation de la nature est pour moi une source d'émotions où mon coeur se dilate. Ce sont des moments de louange et d'émerveillement. C'est la lumière, le ciel, les couleurs, les parfums, les saisons."
Voilà pourquoi je délaisse tant mon ordi!

Editions J.C Lattès
Crédit photo: Editions J.C Lattés et Fnac.fr


Merci Aifelle!
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 12:00

Plusieurs billets ont vanté ce roman de Maggie O'Farrell, puis Aifelle m'en a parlé de vive-voix avec beaucoup d'enthousiasme. J'en attendais donc beaucoup.


Un asile psychiatrique ferme ses portes. La direction prévient les familles des malades. Et donc Iris.
Mais Iris n'a jamais entendu parler d'Esme, qui serait la soeur de sa grand-mère Kitty! Et cette dernière atteinte de la maladie d'Alzheimer ne peut lui donner aucune explication. 
Alors le temps que les services sociaux s'organisent, elle va la garder chez elle.
De retour dans la "vraie vie" Esme se souvient peu à peu. Commence à comprendre le pourquoi de ses 60 ans d'internement.
De son côté, Kitty, à travers les brumes de son esprit perturbé, voit le remords se profiler.


J'en attendais beaucoup et je n'ai pas été déçue du tout!
Ce roman est typiquement de ceux qui se lisent facilement, dont l'histoire vous accroche dès son ébauche.
La construction du récit n'est pas chronologique. Les indices donnés tour à tour par Esme, Kitty et Iris, pour comprendre la trame, sont distillés à petites doses. Notre imagination, émoustillée, doit remettre peu à peu tout en place, et ça moi j'adore!

A travers la vie de ces 3 femmes, Maggie O'Farrell, raconte combien au début du siècle les femmes pouvaient facilement être internées, sous le prétexte d'hystérie féminine. Terme médical qui englobait tout et n'importe quoi comme, par exemple, une espièglerie adolescente. 
Il est aussi beaucoup question de maternité dans ce livre. Celle qui devient besoin douloureux, celle qui fait tant souffrir quand elle devient deuil.
Le tout est enveloppé dans un carcan de secrets familiaux pas jolis du tout...

Cette lecture ne me laissera sans doute pas un souvenir éternel, mais entre suspense, émotions, frissons d'horreur elle m'a rappelé combien lire était un plaisir.

YS en avait un livre voyageur. L'ont lu: Aifelle, Anjelina , Bellesahi, Cathulu, Florinette, Karine, Nanou...Avis unanimes!

Editions Belfond
Crédit couverture: Edition Belfond et Fnac.fr
 


 
Objectif PAL: -1

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 09:00
Pas facile pour moi d'écrire un billet sur ce livre de Christine Brusson, parce que ce n'est pas un roman mais un traité. Alors évidement, pas de ressentis, d'émotions à exprimer comme j'en ai l'habitude.


Comment vais-je donc pouvoir vous expliquer pourquoi j'ai aimé ce bouquin?

D'abord, et ça tout le monde va l'avoir compris, parce qu'il parle de travaux dans les maisons. Sujet tout à fait d'actualité ici,
Mais qui est exprimé sous un tout autre angle que le notre...
Christine Brusson, ELLE, ne s'énerve pas, ne jure pas, Bien au contraire, elle trouve une certaine poésie à la poussière, aux plâtres, aux maladresses. Quelquefois même, elle s'émoustille au contact de son homologue en bleu de travail...
Une façon de vivre le bricolage dont nous devrions bien nous inspirer!

Cet essai ne se contente pas de raconter avec humour (et surtout avec amour!) les aléas d'un chantier en cours.
Il regorge de références littéraires, de citations.
Il donne, par-ci par-là, quelques leçons pratiques illustrées.
Il se veut, également, porteur de quelques opinions de l'auteure sur des sujets comme l'éducation nationale, la place d'un manuel dans notre société. Je l'ai trouvé un peu extrême quelquefois...

Mes chapitres favoris ont été ceux consacrés à la beauté des vieilles pierres (par 2 fois la beauté de l'architecture lozérienne est citée!) et celui titré "où va-t-on mettre les livres?". Etonnant non?!

Cathulu a abondamment corné son exemplaire. Très significatif...

Editions des Equateurs
Crédit couverture: Editions Des Equateurs et Fnac.fr


Merci Aifelle
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 19:25

Mes toutes premières lectures dans mon nouveau chez moi n'ont été que déceptions. Aucune n'a su me captiver ou m'émouvoir.
Je crois que mon environnement m'envoutait trop pour laisser un peu de place à l'imaginaire!


Un soir de décembre

Il me semblait que j'avais lu 1 ou 2 billets positifs sur ce titre de Delphine de Vigan, mais surtout j'avais beaucoup aimé "Non et moi".
Il ne m'a tellement pas accroché qu'aujourd'hui je suis bien en mal d'en écrire quoi que soit! Il ne m'en reste presque aucun souvenir.
C'est le récit d'une dépression, de regrets d'un amour perdu...rien de bien approfondi.
Je retranscris juste une phrase qui donne le ton et qui est bien d'actualité aujourd'hui!
"On appelle ça la rentrée. Rentrer d'où, je te le demande, de quoi revient-on, encore vivants, de quel été, de quel ennui?"
 
Edition Points



Les heures chaudes

J'avais hâte de lire mon exemplaire dédicacé ce jour-là par Annie Lemoine. D'autant plus d'Antigone a aimé 2 autres titres de cette auteure que nous avions trouvée très sympathique.

L'atmosphère des "heures chaudes" est très lourde: il fait chaud, les corps appellent la sensualité. Pourtant le couple de ce récit se déchire, lutte contre l'extinction de leur amour.
La fin sera extrême. Trop à mon goût, si bien que mon impression générale de lecture en fut toute noircie.

Edition J'ai lu




Carrefour des nostalgies

Je m'attendais à retrouver dans ce nouveau roman d'Antoine Laurain tout l'humour qui m'avait fait craquer dans "Fume et tue". Or il dégage plutôt un ton doux-amer (d'après la 4ème) qui n'a pas su, réellement, m'accrocher. Le héros qui dans une période "out" de sa vie recherche ses anciens camarades de lycée, m'a laissé indifférente. Quelques intrigues politiques essaient de donner du piment au récit; je n'y ai vu qu'un peu de poivre.
Ceci dit, j'ai terminé ce livre sans forcer : signe que l'histoire m'a retenue quand même.
Les avis enthousiastes de Caroline et Cuné. Amanda a aimé, Papillon un peu moins.
Merci à Antoine Laurain pour sa gentillesse. J'ai de la peine d'être sévère...

Edition Le Passage


                                         


                                            

Après ces 3 titres, j'ai ouvert un Philippe Claudel que je n'avais pas encore lu. Et lui a réussi l'exploit d'happer mon esprit voyageur.

Les âmes grises

J'ai retrouvé avec "Les âmes grises" le ton et l'atmosphère du "rapport Brodeck" qui m'avaient rendue si admirative. Tout pareil, le narrateur relate un évènement passé qui devient l'attribut de la noirceur humaine. L'histoire dit, encore, combien la guerre peut transformer les âmes, révéler la cruauté qui se niche au fond de nos ventres.

Les mots sont poignants. A lire, en étant avertis quand même, qu'il n'a aucune trace d'espoir dans cette histoire. L'amour ne peut-être que douleur, la solitude immuable, le deuil éternel.
J'ai regretté, un peu, de l'avoir lu alors que mon esprit était plein de joie. Le décalage était trop grand pour que je ressente des émotions très fortes.

Edition Livre de poche


Voilà mes billets en retard réduits à ces quelques lignes.
Je vais, maintenant, essayer de reprendre mon rythme habituel.

Crédit photos: Fnac.fr

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 16:50

ETUDE SOCIOLOGIQUE DU ROMAN "Le challenge du Dr Dan Davis" 


1ere constatation: Il est très difficile d'assumer le fait de lire ce genre de roman. J'ai choisi mon Harlequin en catimini, me suis lancée dans des explications mensongères (c'est pour ma vieille voisine!) devant la caissière qui pourtant ne me demandait rien. Puis je l'ai lu, recouvert d'un papier bien opaque (suis pas allée jusqu'à la photocopie d'une couv' de Proust!).

Mon avis
: Je me demande si je ne souffre pas d'un complexe de supériorité refoulé du genre "Moi, Mâdame, je lis de la vraiiiie littératuuuuure".


2ème constatation: Les expressions populaires ne sont pas réservées aux prolétaires: les responsables de collection les emploient sans aucun complexe.
"Chère lectrice,
....Le bonheur est à portée de main, mais hélas, ce bonheur n'est pas toujours si simple à attraper!.......avec des si, on mettrait Paris en bouteille n'est-ce pas? La vie serait alors un long fleuve tranquille, et manquerait d'un peu de piment qui la rend si passionnante!......"


Mon avis
: Je me demande si je ne souffre pas d'un perfectionnisme aussi inutile que prétentieux du genre "Moi, petite blogueuse me creuse les méninges pour écrire des phrases que personne d'autre n'avait trouvé avant".


3ème constatation: Quelques jours après son embauche, une jeune célibataire peut parfaitement parler de son angoisse à son nouveau patron qui s'inquiète (sympa!) de lui trouver " un air las (au bout de 3 jours de taf ?!!) et préoccupé".
Aucune remarque désobligeante de sa part ne suivra cette confidence: "J'ai déjà trente-quatre ans, et j'ai de plus en plus conscience que le temps passe, et que mon horloge biologique joue contre moi. Par moments, j'ai un peu le cafard et je me sens en mal d'enfants.".
Bien au contraire! Pas moins de 3 semaines après, il se peut qu'il vous invite au resto et théâtre.

Mon avis
: Je me demande quels coches j'ai laissé passer tout au long de ma vie professionnelle en laissant mes soucis à la porte, à ne pas confier mes pauvres états d'âme à mon grand chef! Je me suis toujours fait un point d'honneur d'être souriante au boulot: résultat je n'ai jamais été invitée à quoi que soit. Trop conne, tiens!


 

4ème constatation: L'homme (même le beau carcasse, à la mâchoire carrée) est toujours jaloux quand un autre homme (même un vieux insignifiant) à l'occasion de sauver sa belle en son absence.
Il se fâche fort, mais l'amoureuse comprend tout "Votre orgueil et votre fierté masculine ont été offensés, c'est bien cela?".
L'homme accuse le coup: "Vous avez raison. Je veux jouer les héros, mais je n'en suis pas un. Le courage physique n'est rien. Le vrai courage, c'est d'oser se mettre à nu, de baisser la garde pour vivre pleinement, et accepter d'aimer...".

Mon avis
: Je me demande si je n'ai pas toujours eu tout faux à fantasmer sur des Stalone ou Schwarzy, puisque le courage physique est dérisoire. Tant de nuits gaspillées: quelle poisse!


5ème constatation: Un médecin et une infirmière peuvent très bien tomber amoureux l'un de l'autre.
Travailler ensemble dans des situations extrêmes "...elle était en train de désinfecter le vilain ulcère variqueux d'une vieille dame, en ôtant le pus au moyen d'une seringue..." et rester trèèèèèès romantiques "J'ai vu ton visage se lever vers moi, j'ai cru défaillir de joie!".
Ils peuvent même se marier devant une famille émue et soulagée de les voir "si heureuuuuuux après toutes leurs soufraaaaaaances sentimentales passées".
Et pendant leur nuit de noce, le beau docteur, tout fou-fou, peut très bien jouer avec sa belle  et lui murmurer que "le grand enfant (qu'il est encore, soi-disant) pourrait te prouver qu'en certaines occasions, il sait être un homme."

Mon avis
: Je me demande à quel moment je suis devenue vieille et désabusée.
Avec horreur je viens, aujourd'hui seulement, d'en prendre conscience! Ce roman m'aurait fait rêver "autrefois" (quand j'étais jeune et pleine d'illusions!), aujourd'hui je n'y ai pas cru une seconde!
Encore pire: je l'ai trouvé limite ridicule! Au secours, je suis une rombière aigrie!!!!



CONCLUSION DE L'ETUDE
Les romans roses ne sont pas du tout roses. Ils savent vous balancer en pleine face des vérités que vous ne vouliez surtout pas voir.
Ils pourraient très bien être la cause de la morosité ambiante.
Soyons tout de même prudents devant cette grave éventualité. Une étude plus approfondie est nécessaire pour la confirmer.
D'autres sociologues se mettent à la tâche. Vous trouverez leurs noms chez Chiffonnette et Fashion.

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 07:30
Je continue ma découverte des titres de Françoise Lefèvre avec son premier livre édité, d'inspiration autobiographique.



Marie aime Raphaël un artiste peindre peu reconnu. Elle pense que son amour est magique, qu'il lui portera bonheur.
Mais la reconnaissance est longue à venir et le couple vit bientôt dans un dénuement complet.
Raphaël n'est pas tendre, sa fidélité peu fiable.
Marie continue de croire, met au monde 2 jolies petites filles.
Il faudra qu'elle arrive à une totale déchéance pour avoir la force de se sauver.



Ce récit est celui, des 4 livres de Françoise Lefeuvre que j'ai lu, qui me plait le moins.

Si l'écriture est toute poétique comme dans "Minutes des consignes heureuses", elle m'a paru moins touchante.
Je n'ai pas vraiment réussi à discerner l'amour que Marie éprouve pour Raphael. Je n'ai ressenti que peu d'empathie, de compassion pour sa misère. A vrai dire, elle m'a plutôt énervée à accepter ainsi les conditions de vie que son couple lui impose.

Pourtant je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé ce texte. L'amour maternel y est, comme dans "Le petit prince canibale", beau et fort. La description des gestes d'amour de Marie pour ses filles est toute douce. L'attendrissement est inévitable.

Flo et Florinette sont loin de mon avis mitigé. Elles ont vu dans ce livre "une quête de soi", "un hymne à la vie" que moi je n'ai pas su saisir.


Editions J'ai lu
Crédit photo: Editions J'ai lu et Fnac.fr
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Articles Récents

Ces mots là,

je les ai savourés un peu plus que tous les autres.

Avec de nombreux patients, Ernest faisait intervenir le concept de regret dans la thérapie. Il leur demandait d'analyser les regrets que suscitait leur comportement passé, et les exhortait à ne pas entretenir de nouveaux regrets dans l'avenir. "Le but, disait-il, est de vivre de telle sorte que dans cinq ans vous ne vous retourniez pas en regrettant amérement les cinq dernières années qui se seront écoulées."

 

Irvin D. Yalom 

"Mensonges sur le divan"

J'adhére

Je revendique le droit de lire ou de ne pas lire un livre,
Le droit d'être sincère, ou gentiment hypocrite,
Le droit de ne pas aimer un livre, de le dire,
Le droit d'aimer un livre, et de ne pas le dire,
Le droit d'accepter de recevoir des SP, ou pas,
Le droit de faire traîner mes lectures,
Le droit d'avoir un travail à côté, des enfants, une maison à tenir,
Le droit de me faire plaisir et de ne pas me prendre pour une critique littéraire,
Le droit d'être infidèle, de moins aimer ce que j'ai porté aux nues plus tôt,
Le droit de poster des commentaires où bon me semble, partout où le droit de s'exprimer existe,
Le droit de croire que tout vaut mieux que le silence, d'ouvrir la porte aux avis contraires,
Le droit de ne pas faire le jeu du commerce, mais des mots, de la lecture, et de la littérature.
Le droit d'être une lectrice.

Manifeste d'Antigone